Les vérités que le monde du foot doit entendre

L'After, ma deuxième naissance Gratuit
Publié le 9 mai 2021
L'After, ma deuxième naissance

TEMOIGNAGE. Je suis né deux fois : en 98, juste avant la Coupe du Monde. Et en 2010, pendant une autre Coupe du monde, la première fois où j'ai écouté l'After.

Clément R. (22 ans) est supporter du HAC et de l’After (qui lui apporte souvent plus d’émotions que son équipe de cœur). Il est abonné à la revue After Foot.


Je suis né un 8 juin 1998, deux jours avant l’ouverture de notre Coupe du Monde victorieuse, dans la ville abritant le doyen des clubs pros français, j’étais prédestiné. Pourtant, j’ai mis longtemps à m’éveiller au football : ma mère était (et est toujours) farouchement opposée à ce sport donc mon père n’en parlait pas et s’était un peu dépassionné depuis sa jeunesse. Nous n’avons jamais eu la télé à la maison, je n’avais pas encore ma radio personnelle, et internet n’en était qu’à ses débuts.

En 2006, le premier match que je regardais était France-Portugal, sur un vieux poste prêté par des voisins. Il fallait que ce soir-là le contrôleur des impôts passe vérifier que conformément à notre déclaration nous ne possédions pas de télé… Puis ce fut la finale, dans un camping, l’expulsion de Zidane, la barre de Trezeguet. Après ça, j’ai commencé à aller au stade, à l’époque la mairie proposait aux écoliers des places à tarif préférentiel une à deux fois par an. C’était l’occasion, avec mon petit frère et mon père, de nous retrouver entre hommes, pour aller suivre à Deschaseaux les exploits des ciel et marine : je me souviens d’un 3-2 contre Angers, où après avoir concédé l'égalisation à la 84ème minute, les Havrais ont marqué deux minutes plus tard, en 2008 l’année du titre (ce qui porte notre total à 5 titres de deuxième division : le record !). Hoarau avait terminé meilleur buteur (l’année suivante fut notre dernière saison dans l’élite à ce jour). Je me souviens aussi d’un 1-0 arraché contre Laval, les Mayennais touchant la barre dans les dernières minutes.

Mais c’est à l’occasion de la Coupe du Monde 2010, un sinistre souvenir, que j’ai vraiment commencé à élargir mon horizon, à voir autre chose, grâce à des joueurs comme Forlan ou Robben (en 2010, ça ne pouvait pas être grâce à des français). Ce 8 juin 2010, j’ai également reçu mon premier maillot de foot, de notre chère équipe de France. Et surtout, lors de cet été 2010, j’ai découvert les matchs à la radio, et les debriefs sur l’AfterFoot. Toutes mes soirées de collégien, je les ai passées l’oreille collée au poste, Skyrock ou Virgin Radio la semaine (ce qu’on peut être bête quand on est jeune), mais surtout les matchs le week-end, que ce soit sur France Bleu Haute-Normandie, Europe1 ou RTL (aaah cher Eugène Saccomano), puis l’après-match d’une demi-heure.

En parallèle, un copain m’avait passé son vieux Fifa09 sur DS light auquel je jouais très souvent (avec l’équipe du Havre évidemment), et bien sûr je continuais à aller au stade (Océane cette fois), où je m’ennuyais devant la pauvreté d’un HAC-CA Bastia (Bastia était alors dernier de Ligue 2, nous avons gagné péniblement 1-0 grâce à Mickaël Le Bihan, qui finira meilleur buteur sans parvenir à nous faire monter en L1) et où nous nous faisions balader par le Caen de Jérôme Rothen (1-1 chanceux au final). J’ai rapidement été frustré, à la fois par les émissions pour adolescents des chaînes de musique, par la rapidité des après-matchs qui ne permettaient pas d’aller en profondeur dans les analyses, et par le jeu proposé par mon équipe de cœur.

C’est dans ce contexte que j’ai découvert (ou redécouvert) l’After Foot, d’abord par hasard quand je zappais entre deux pubs, puis de plus en plus consciemment et de plus en plus souvent. La fin de mon collège, mon lycée, et, -après la parenthèse prépa- mes 2 années et demi d’école d’ingénieur jusqu’à ce jour n’ont été qu’une succession de soirées After, même l’été (après le Tour de France) quand il n’y avait pas de matchs. J’ai tout connu : le premier passage de Cazarre, Carine Galli, Chérif Ghemmour, François Manardo, Philippe Auclair, et tous les autres. Et bien sûr Gilbert et Daniel, les meilleurs à jamais, que ce soit avec Flo Gautreau ou Jérôme Rothen. D’abord énervé par Daniel et son air « je sais tout j’ai toujours raison », j’ai maintenant soif de ses analyses car en effet les faits montrent qu’il a très souvent raison et je suis quasiment toujours en accord avec lui. L’After m’a élevé au foot, à la culture foot, en me forçant à voir plus loin que le résultat du week-end de mon club de cœur.

C’est grâce à l’After que j’ai commencé à lire des livres qui parlaient de foot, de son histoire, de son impact, des gens qui ont réfléchi sur le jeu d’une manière philosophique. C’est grâce à l’After que j’ai réalisé mon rapport d’humanité géopolitique (un de mes cours en M1) sur le rachat du PSG par le Qatar. C’est grâce à l’After que, lors du premier confinement, j’ai décidé de regarder les vieux matchs des toutes premières Coupes du Monde, celles de Andrade, Matthews ou Puskas. C’est grâce à l’After que je suis devenu qui je suis et que j’en suis là où j’en suis.

C’est donc tout naturellement que je me suis abonné à cette revue, qui est la suite logique de mon amour pour le foot, pour l’After, et pour Daniel et Gilbert. Je n’ai jamais appelé pendant l’émission, mais je tenais à leur dire un grand MERCI, et bravo pour tout ce qu’ils ont apporté à des milliers de jeunes qui, comme moi, font partie de la Génération After.

Vous contribuez à ce que la France devienne « un pays de foot ». Car, comme le disait ce vieux Bill, « le football n’est pas une question de vie ou de mort, c’est quelque chose de bien plus important que cela ».

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