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Ligue 1 et droits TV : Les cons, Labrune et le truand Gratuit
Publié le 5 juin 2021
Ligue 1 et droits TV : Les cons, Labrune et le truand

Depuis le retrait de Mediapro, qui n'a pas enfanté la richesse espérée, la Ligue 1 vit au gré des exigences de Canal+, dont les intentions sont de moins en moins cryptées. Bolloré est-il le vrai président de la LFP ?

L’assemblée générale de la LFP qui se tenait ce jeudi à Paris a donc voté à une très large majorité en faveur d’une Ligue 1 à 18 clubs, format que Canal+ appelait de ses vœux. 97.28% des formations de L1 et de L2 ont voté pour le projet, 2.72% contre (le FC Metz uniquement). Le changement sera effectif à partir de la saison 2023-2024, les clubs modestes ayant milité pour obtenir un peu de répit. Ils n'en demeurent pas moins les grands perdants de cet arrangement puisqu'au cours de la saison 2022-2023, pas moins de quatre clubs de l'élite seront relégués en Ligue 2. Bref, pour les maillons faibles, la maille se fait la malle.

La saga Saada

L'objectif est clair et la LFP ne s'en est pas cachée : il s'agit de « valoriser la Ligue 1 et la Ligue 2 en prévision du prochain cycle de commercialisation des droits TV post-2024 ». Elle suit donc les exigences de Canal+ et de son président du directoire Maxime Saada, lequel n'a pas hésité à s'inviter à l'Assemblée générale de la Ligue par zoom pour mieux élargir son champ d'action.

La partie était gagnée d'avance tant il a trouvé en la personne de Vincent Labrune, le président de la LFP, une oreille attentive, et tant la pandémie puis l'abandon de Mediapro ont fragilisé les clubs français. En 2012, le président de la LFP déclarait déjà : « Il vaut mieux gagner un titre que de se taper quatre matchs de plus de championnat. Il faut donc repasser à 18, voire 16 clubs. » Maxime Saada, l'homme qui murmurait à l'oreille des cheveux de Labrune, a assuré les clubs de son soutien.

Et ils l'ont cru ! Comme disait Coluche : « Le problème, le patron il me l'a dit : les ouvriers, ils demandent ça. Bon, on leur donne ça. Mais ils le prennent ! ».

Une com' bien gérée

Au cas où toutes ces pressions n'auraient pas suffi, Saada avait reçu mardi le soutien de Jean-Marc Mickeler, le président de la DNCG -l'institution chargée de contrôler la bonne gestion des clubs- qui avait déclaré : « il est essentiel que tous les acteurs du foot pro prennent conscience de la gravité de la situation (…) réduire le nombre de matches, resserrer l’élite, c’est du bon sens par rapport à l’enjeu (...) La France doit rester dans le Top 5 européen ». Surprise : aujourd'hui, on apprend que la proposition financière de Canal+ et de son associé beIN Sports ne suffit pas à la LFP. C'est à peu près aussi inattendu qu'une victoire du PSG contre Dijon.

Terrains de foot ou champs de blé ?

Où s'arrêtera la suprématie de l'argent ? Canal+ a déjà racheté les droits TV de cette année pour une bouchée de pain, répète à l'envi que seules les deux « meilleures » affiches de chaque journée l’intéressent, décale certains matches à 13 heures le dimanche. Quelles seront les prochaines étapes : instaurer 18 périodes de 5 minutes pour caler des pubs ? Agrandir les buts pour s'assurer davantage de spectacle ? Obliger Di Maria à jouer avec son pied droit et interdire plus de trois touches de balle aux joueurs du PSG pour maintenir un semblant de suspense ? Greffer un pied aux Bordelais ?

Le bonheur n'est plus dans le pré, il n'est que dans la récolte.


Samuel Piquet (43 ans), footballeur du dimanche à ses heures perdues et chroniqueur impertinent pour afterfoot.media. Il est aussi supporter de l'OGC Nice... eh oui, ça existe.
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