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France-Italie, la finale de la peur Gratuit
Publié le 14 juin 2021
France-Italie, la finale de la peur

Dimanche 11 juillet. Il est 20 heures 55 lorsque la France et l'Italie pénètrent sur la pelouse pour la 16e finale de l'Euro de l'histoire sans savoir qui de Nice ou Vintimille va vivre une nuit de cauchemar.

[RENDEZ-VOUS] Chaque lundi, l'After vous invite à inscrire dans les commentaires une affiche dont vous revez. La finale la plus plébiscitée vous sera ensuite racontée par notre chroniqueur la semaine suivante et ainsi de suite. Cette semaine : France-Italie (proposé par Fillot).


Rarement une finale aura été aussi indécise. Bien malin qui pourra pronostiquer un vainqueur, les trois précédents lors des grandes compétitions internationales (1998-2000-2006) s'étant soldés aux tirs aux buts ou en prolongation. Paul le poulpe est mort, et contrairement à Zidane avec Gourcuff et Marvin Martin, il n'a jamais eu de successeur.

Les équipes sont au complet hormis Verratti, que Mancini avait pourtant mis sur le banc en demi-finale pour éviter une suspension, mais qui a trouvé le moyen d'écoper d'un carton jaune pour contestation. La France a abandonné son 4-4-2 en losange depuis sa lourde défaite en poule contre l'Allemagne. Son 5-3-2 avec Zouma au côté de Kimpembé et Varane en défense centrale et Sissoko au milieu n'a jamais été pris en défaut par aucune équipe. En attaque, la très bonne entente entre Benzema et Giroud dès le match contre la Hongrie a relégué Grizou et Mbappé sur le banc. Mais dans ce système, même Karim ne rime plus avec beau jeu.

De son côté, l'Italie, séduisante en poule, est peu à peu revenue à ses fondamentaux et aux heures les plus sombres des années 90 et du catenaccio. On assiste donc à un début de match fermé et un véritable combat tactique. Cette guerre stratégique se double d'une appréhension non seulement de prendre un but mais aussi de marquer, sans doute due au sort réservé à l'équipe qui a ouvert le score lors des deux précédentes confrontations. Bref, il y a tellement peu d'occasions que plusieurs témoins assurent avoir vu le fantôme de Francis Gillot traverser la pelouse.

Mais deux minutes avant la mi-temps, sur un coup-franc excentré côté droit, Benzema sert Giroud qui ouvre le score de la tête. Les deux hommes sautent dans les bras l'un de l'autre, le banc exulte, Macron se voit réélu, Le Graët aussi, même s'il n'a pas besoin de ça. Au retour des vestiaires, les Italiens tentent de timides offensives mais sans succès. Chiellini essaye bien par tous les moyens de provoquer les attaquants français mais, orphelin de Luis Suarez, il ne fait craquer personne et se prend même un jaune.

A l'heure de jeu, Giroud réceptionne un centre d'Hernandez venu de la gauche et s'écroule dans la surface au moment où il contrôle la balle de la poitrine. Au ralenti, Bonucci, au contact du numéro 9 français, semble à peine le toucher. L'arbitre signale une faute et la VAR, fidèle à elle-même, ne signale rien. Sur Twitter, Materazzi s'indigne et dénonce « un trucage indigne de l'esprit du football et du fair-play qu'on attend dans une grande compétition ». Benzema s'élance et le rate. Didier Deschamps se ronge nerveusement les ongles et Daniel Riolo reprend un Spritz et trois Grissini.

A cinq minutes de la fin, Insigne lance Immobile en profondeur qui trompe Lloris. Tout est à refaire, la prolongation est tellement insipide qu'on a soudain l'impression d'avoir assisté à un beau match jusque-là. Les deux équipes vont devoir une nouvelle fois se départager aux tirs aux buts. En l'absence de Di Biagio et de Trezeguet, c'est Pogba qui se charge de tirer sur la barre et de donner le titre à l'Italie.

La Squadra azzurra exulte, Mbappé déclare au micro de M6 que Giroud est un camping-car et lui une Maserati, les Français accusent un joueur italien d'avoir pris de la drogue sur la banc. Benzema, qui termine meilleur buteur de l'Euro en ratant le penalty décisif, ravive une nouvelle polémique de cinq ans, Deschamps fait euthanasier sa chatte et la FFF nomme comme nouveau sélectionneur Raymond Domenech.

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