Menu

Les vérités que le monde du foot doit entendre

Avec les Anglais, la sauce prend rarement Gratuit
Publié le 23 juin 2021
Avec les Anglais, la sauce prend rarement

L'Angleterre, première de son groupe, a plutôt bien démarré son Euro et certains la placent même parmi les favoris. Mais on aurait tort de croire que pour les « rosbifs » ce sera du tout cuit.

Toute la nation est derrière la "Three Lions" et dans Londres, il est impossible de passer à côté du fameux « It’s coming home.». Oui, mais cet engouement a des airs de déjà vu pour une sélection qui n’a rien gagné depuis 55 ans malgré des générations bien supérieures à celle actuelle.

« It’s coming home, football is coming home ». Si l’on réside au pays de l' « English breakfast », il est peu probable d’être passé à côté de ce slogan repris de la musique « Three Lions » de Baddiel, Skinner & The Lightning Seeds. Pour le match du soir,  il est quasiment impossible de se trouver une place dans un pub, à moins d’avoir réservé son siège depuis belle lurette.

Depuis peu, les gens ressortent, la vie anglaise reprend son cours et quoi de mieux que le football pour rassembler un peuple qui fut privé de contacts humains durant des mois? Toutes les affiches qui concernent la sélection anglaise sont un  prétexte tout trouvé pour se rassembler et faire couler la bière à flot.

Si l’on ajoute à ce cocktail un dernier tournoi qui s’est soldé par une demi-finale de Coupe du monde, vous obtenez un peuple déchaîné derrière une sélection qui joue cette compétition quasiment à domicile (elle pourrait jouer 6 matchs sur 7 à Wembley.)

Une "Three Lions", qui, cette année, a un groupe qui vit bien et qui est composée d’une génération prometteuse ayant eu de très bons résultats dans les sélections de jeunes (Mason Mount, Ben Chilwell, Jack Grealish, Phil Foden ...) et qui commence à arriver à maturité cet été. Le tout accompagné de joueurs aguerris au plus haut niveau depuis des années (Harry Kane, Kyle Walker, Jordan Henderson ou encore Raheem Sterling.)

Cependant, lors des périodes de forte chaleur, les coups de soleil ne sont jamais bien loin de l’autre côté de la Manche et il est important de rappeler que bien que cette sélection anglaise soit prometteuse, elle est un poil trop gentille avec son groupe de mecs cool, bien loin de la sélection d’il y a 10-15 ans, composée de joueurs reconnus à l’échelle mondiale et au caractère qui allait avec (Frank Lampard, Steven Gerrard, Wayne Rooney, Rio Ferdinand, John Terry etc).

Gareth Southgate, le sélectionneur, plus connu pour son tir au but manqué contre l’Allemagne en 1996 en tant  que joueur que pour ses talents de tacticien, a aujourd’hui plus un rôle d’accompagnateur d’enfants que de manager dans cette équipe. Ses choix  parfois hasardeux (par exemple, le fait d’avoir joué avec Kieran Trippier au poste de  latéral gauche contre la Croatie) ou encore ses difficultés à faire des changements  quand le jeu l’impose pourraient coûter cher à ce groupe. Un groupe  manquant de liant et qui, aujourd’hui, est davantage une somme d’individualités qu’un vrai collectif.

Certes Gareth Southgate a conduit la sélection de la reine Elizabeth II en demi-finale de la Coupe du monde 2018 en Russie. Mais ce parcours en 2018, il faut le rappeler, n’était pas des plus compliqués avec des adversaires tels que le Panama, la Tunisie, la Colombie, la Suède, la Croatie ou encore la Belgique. D’ailleurs, c’est contre ces deux derniers que les individualités anglaises s’inclineront (dont 2 fois contre nos amis belges).

Pour espérer faire quelque chose cet été, il faudra que ce groupe anglais qui vit pourtant si bien et qui est pétri de talent, devienne un collectif, que Harry Kane impose à l’équipe de jouer pour lui, à l’image d’un vrai buteur et de ce qu’il sait pourtant si bien faire du côté de Tottenham, et que ce groupe ait plus de mordant (à l’image de Luis Suarez).

Autrement, aussi belle qu’elle soit sur le papier, cette "Three Lions" subira les mêmes déconvenues que ses prédécesseurs. En 2016, j’étais à Marseille pour leur match contre la Russie et surtout à Nice pour le fameux match contre l’Islande. J’y ai vu des fans Anglais célébrer la victoire avant l’heure sur ce que l’on pourrait appeler, leur promenade. Supporters comme joueurs, se voyaient déjà jouer le 1/4 de finale contre la France. La désillusion qui s’en suivra sera égale à l’optimisme affiché pendant l’avant match.

Alors oui, It’s coming home, comme le dit si bien la musique, malheureusement ce n’est pas le football qui revient à la maison depuis 1966, mais bel et bien la sélection anglaise et ses supporters, qui rentrent bredouilles.

Des supporters passionnés, qui, cependant, sont toujours prêts à remettre ça, deux années plus tard.


Auto-entrepreneur dans l’événementiel à Londres, Yacine R. (28 ans) est supporter du Paris Saint-Germain. Il est aujourd'hui abonné à la revue After Foot.
commentaireCommenter