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Les vérités que le monde du foot doit entendre

Le suiss(ide) français Gratuit
Publié le 5 juillet 2021
Le suiss(ide) français

Le match perdu face à la Nati a mis en lumière l’impréparation des Bleus durant l’Euro. Quelles erreurs ont été commises ? A qui la faute ? Décryptage (à froid).

Au regard du calendrier, ce n’est pas tant la quantité que l'ordre des matchs qui semble avoir posé problème. En affrontant l’Allemagne dès le début des poules, les hommes de Deschamps ont  disputé d’emblée un match aux allures de finale. Si la France l’a finalement emporté, la rencontre a laissé des traces. L’enchaînement à Budapest des matchs contre la Hongrie et le Portugal a par ailleurs révélé des limites physiques qui n’étaient pas seulement liées aux conditions climatiques : les Suisses n’ont eu qu’à enfoncer le clou. Mais si Pavard a bu la tasse face à Zuber, si Varane et Kimpembe ont brillé par leur absence, si Pogba n’a pas eu son rendement habituel, si Griezmann a paru éteint.. cela n’explique pas toutes les fragilités françaises.

Des choix de management douteux, un sélectionneur en perdition

Cet Euro 2020 (raté) met en lumière les choix étonnants et finalement perdants de Didier Deschamps. Si des décisions parfois risquées avaient pu s’avérer payants (Umtiti et Kanté en 2016, Nzonzi, B. Mendy et Pavard en 2018), force est de constater qu’il s’est aujourd’hui planté. Premièrement, pourquoi prendre Zouma dans sa liste des 26 pour ne pas le faire jouer alors qu’il sort d’une année victorieuse avec Chelsea ? Pourquoi titulariser Lenglet face à la Suisse, en grande difficulté cette saison avec le Barça ? Quel intérêt de prendre Giroud et Ben Yedder si au bout du compte, on ne leur donne pas suffisamment de temps de jeu ? Quant à Dubois, on l’aura compris, il n’est jamais sorti de lui même…

Autre aspect à prendre en compte : les expérimentations effectuées sur les compositions de départ. Quatre matchs, trois systèmes différents. Quid également de certains changements (trop) défensifs ? L’entrée de Sissoko à la place de Griezmann alors que la Suisse est revenue à 3-2 en est un parfait exemple. Pire encore, Deschamps n’a effectué que deux changements là où le sélectionneur suisse en a effectué cinq à un moment où les Bleus étaient en détresse physique. L’impression qui en ressort est une perte d’autorité du sélectionneur français, culmine, en témoignent l’imbroglio avec Coman lors du match contre les Helvètes et l’ « altercation » entre Giroud et Mbappé par médias interposés.

Trio magique aux dépens du reste de l’effectif

S’il y a bien eu un choix qui a réjoui les amateurs de football et symbolisé un début de remise en question du sélectionneur, c’est bel et bien le retour de Benzema. Après 5 années loin des Bleus, le Madrilène a éteint les critiques en inscrivant quatre buts lors de ce tournoi. Pour autant, ce choix a peut-être été  fait un peu tardivement. Par ailleurs, le retour de Benzema a poussé Giroud sur le banc, or les deux joueurs n’ayant pas les mêmes spécificités, il a fallu adapter le système de jeu. En effet, avant le début de la compétition, l’attaque française était considérée comme la meilleure d’Europe, les médias parlant même de trio magique (Benzema Griezmann Mbappé).

Cependant, malgré les difficultés dans le jeu, le sélectionneur s’est entêté à faire débuter ce trio alors qu’il était susceptible de créer un déséquilibre dans l’équipe. Qu’on le veuille ou non, Giroud apportait un point d’équilibre défensif. Que ce soit face à la Hongrie, le Portugal ou la Suisse, la France était une équipe souvent coupée en deux, les attaquants n’ayant pas fait ou voulu faire les efforts défensifs. Statistique révélatrice : le nombre de but encaissés par les bleus, (6 buts en 4 matchs). Il faut remonter aux Euro 2008 et 2012 et à la Coupe du Monde 2010 pour trouver pareils constats. Époques où l’équipe de France était dans le marasme. (Euro 2008 : 6 buts/3 matchs ; CDM 2010 4 buts/3 matchs ; Euro 2012 5 buts/3 matchs).

Mbappé, symbole de l’échec bleu

Un joueur symbolise l’échec des Bleus : Mbappé. Mais est-ce réellement étonnant ? Au-delà de son penalty raté, son attitude au PSG est régulièrement raillée par une partie des supporters qui regrette sa « neymarisation ». On a retrouvé le même phénomène avec les Bleus : à vouloir tout faire, il a finalement bu la tasse. Surplus de dribbles, coups-franc préemptés, choix individualistes sur le terrain, déclarations à la presse, le natif de Bondy est passé à côté de son tournoi.

L’Équipe de France peut néanmoins se servir de cet échec. Une leçon qui pourrait se révéler bénéfique dans l’optique de la préparation pour la Coupe du Monde 2022. Il faudra apprendre de cette déception pour éviter la malédiction des champions du monde, à savoir sortir au premier tour du mondial qatari.


Alexis Salles (30 ans) est auditeur de l’After et abonné à la revue AfterFoot.
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