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Angleterre-Italie ou quand les Azzurri se font « Kane » Gratuit
Publié le 10 juillet 2021
Angleterre-Italie ou quand les Azzurri se font « Kane »

Ultime épisode de notre rendez-vous hebdomaire. A cette occasion, nous vous offrons l'opportunité de vivre en avant-première la finale Angleterre-Italie.

Dimanche 11 juillet, 20h50. Le stade est comble et la clameur est immense. Wembley n'a jamais aussi peu ressemblé au Matmut Atlantique un dimanche de Bordeaux-Angers. Le God save the Queen résonne dans les travées. Chiellini réussit l'exploit de chanter  son hymne encore plus fort et plus faux que Lilian Thuram. Le ton est  donné. Devant sa télé, Benzema se dit que ces moments lui manquent. Léo Dubois, non.

Si l'Italie est bien  décidée à bouffer du lion anglais, les rosbifs n'ont qu'un envie : faire  cuire les Ritals à petit feu. Mais les promesses d'un début de match  bouillant se fracassent sur la réalité de deux équipes cramées  physiquement par un long parcours et des demi-finales ponctuées de  prolongations. On nous promettait Mount et merveilles, mais on a d'un  côté un Raheem qui rame à l'approche du but de l'autre une équipe  d'Italie qui renoue avec le catenaccio, laissant Ciro cirer le banc. La  non-titularisation d'Insigne est un signe encore plus fort : l'Italie  revient aux bases, on commence par ne pas prendre de but et ensuite on  avise. Si vous ajoutez à cela un Stones solide comme le roc de l'autre  côté, vous obtenez un premier quart d'heure bien terne.

A  défaut de Foden, l'Angleterre s'en remet à Saka pour percer la  muraille, bien aidé en cela par les deux latéraux. Multipliant les  montées, Luke fait le Shaw sur son aile tandis que Walker fait des  kilomètres. La domination devient nettement anglaise mais elle reste  stérile jusqu'à la demi-heure de jeu. La première véritable occasion  intervient à la 34e, elle est l'œuvre du trio Rice-Sterling-Saka. Walker  combine avec Phillips dans l'entrejeu puis décale Declan côté droit. Ce  dernier sert Sterling tout seul dans la surface qui n'a plus qu'à  donner le ballon au Gunner, arrivé lancé, pour ouvrir le score. Mais il  met un sac à Saka, qui ne peut reprendre. Ce n'est pas une passe, c'est  un véritable missile que lui livre Sterling.

Sur  la contre-attaque, Verratti envoie un long ballon a Berardi, légèrement  excentré côté droit. L'Italien repique dans l'axe et décoche une  magnifique frappe contrée qui trompe Pickford, qui n'en demandait pas  tant et qui aurait été largement capable de ne pas l'arrêter dans tous  les cas. Daniel Riolo est tellement euphorique qu'il est à deux doigts  de chanter à tue-tête du Toto Cutugno.

Cinq  minutes plus tard, l'Angleterre se procure une 2e grosse occasion.  Lancé en profondeur, Kane part seul au but mais décide de servir  Sterling, encore mieux placé que lui. Le Citizen, surpris, rate son  contrôle, comme s'il ne se doutait pas qu'Harry ne lui voulait que du  bien. L'association Citizen-Kane ne suffit donc pas toujours à produire  un chef d'œuvre.

Deux minutes plus tard,  sur un corner italien, la ballon navigue dans la surface. Au milieu de  la confusion et d'un cafouillage monstre, Barella marque de près.  L'arbitre valide le but et désigne le rond central, le stade gronde.  Stressé comme jamais, Daren Tulett reprend deux fois du pudding.  Heureusement pour les Anglais, la VAR est là pour annuler le but de  Barella.

La mi-temps est sifflée sur ce score de 1 à 0 en faveur de la Squadra.

Dès  l'entame, l'Italie fait le break sur une grosse frappe de Chiesa à  l'entrée de la surface. Dans un style inversement proportionnel à celui  de Joachim Löw cost, Mancini donne de la voix et rappelle qu'entraîneur  et entraîneuse sont deux métiers bien distincts.

Les  Anglais refusent d'autant moins de rentrer à la maison qu'ils y sont  déjà. Alors ils poussent mais les Italiens résistent bien. A dix minutes  de la fin, la Nazionale mène toujours 2-0 mais le fantôme de Wiltord et  de Trezeguet plane au-dessus du banc italien qui n'ose pas se lever.

Heureusement  pour les Blancs, l'arbitre siffle trois penaltys dans les dernières  minutes, tous transformés par Kane, et passe devant au score (3-2).

Les  Rosbifs se rebiffent, les Ritals calent, le Royaume est uni, les gens  sont heureux de cet Euro et tout le monde crie « Viva la FIFA ». Que  Dieu protège son règne !

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