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Les vérités que le monde du foot doit entendre

Portrait : Thierry Henry Gratuit
Publié le 25 août 2021
Portrait : Thierry Henry

Malgré sa carrière immense et sa passion pour le jeu, Thierry Henry ne bénéficie sans doute pas, en France, de toute la reconnaissance qu'il mérite.

Je m'présente, je m'appelle Henry

Le 9 janvier 2012, Emirates Stadium, Londres, rencontre éliminatoire de FA Cup. Allez-vous le croire à la lecture de ces lignes ? On a vu une statue marquer un but et donner la victoire aux Gunners contre Leeds, pouvant faire ainsi pleurer d’émotion et dire à l’époque, « last night Thierry Henry saved my Life » !

Existe-t-il un joueur ayant eu une statue bâtie de son vivant, jouant une dernière pige pour son club de cœur, supportant ainsi une pression encore inconnue, réussir une telle prouesse ? Alors oui, nous pourrions parler ici de l’expérience de devenir champion du monde à 20 ans, de retourner pourtant jouer avec les espoirs ensuite, pour s’installer définitivement chez les A, puis d'être champion d’Europe à 22 ans et enfin de devenir le meilleur buteur et passeur de l’histoire de la sélection française.

Oui, nous aurions eu l’occasion de mentionner une carrière en club, démarrée par un titre de champion de France à 19 ans avec son club formateur, à Monaco. Égarée 6 mois à Turin avant de s’épanouir à Londres, l'amenant entre autres à l’exploit d’être sacré champion d’Angleterre sans perdre un seul match durant le championnat, de terminer 4 saisons meilleur buteur de Premier League et de détenir encore à ce jour le record du nombre de passes décisives inscrites sur un exercice.

Évoquer le joueur de club, c’est penser aussi à son passage à Barcelone et le sextuplé de 2009 sous les ordres de Guardiola dans une équipe type composée d’Etoo, Messi, Xavi, Iniesta, Puyol et évidemment de lui-même. Le même club contre lequel il avait échoué à la dernière marche de la Ligue des champions en 2006, après avoir notamment éliminé le Real Madrid de Zidane grâce à un solo parfaitement réalisé à Santiago Bernabeu. Année cruelle qui le verra également perdre lors de l’ultime match d’une autre compétition sacrée, la Coupe du Monde.

Ou oui, parler de lui, cela pourrait déboucher sur l’évocation du style, des chaussettes redressées, ou bien d’une signature : une frappe parfaitement enroulée, d’une marque déjà moderne il y a 20 ans et qui le serait encore aujourd’hui. A en croire Doisneau, « la beauté échappe aux modes passagères », ici encore le joueur Henry s’approcherait donc d’une intemporalité remarquable et détonante qu’il fallait bien statufier.

A ce propos, oui, échangeons au sujet de cette célébration mythique. A la suite de deux traversées de terrain ; une permettant à Henry d’inscrire un but contre l’ennemi juré, l’autre pour le fêter devant les supporters adverses et accomplir une glissade immortalisée, l’immortel Gunner faisant bouillir tout un stade !

Ce joueur a donné à sa carrière un arôme footballistique rare, dont la senteur vous réconcilie avec le football ; il le vivait, le transpirait et aura atteint un niveau d’expérience dont peu peuvent se targuer.

Et pourtant, non: il n’est pas dans la conscience collective française à la place qui lui est due au panthéon de son sport, pour des raisons qu’il conviendrait d’évoquer dans un autre chapitre, tant sa carrière mériterait d’être contée de manière bien plus exhaustive qu’ici.

Par-dessus tout, oui, parler d’Henry, c’est parler de titres, d’échecs, de légendes pour partenaires en clubs et en sélection, de générations de foot différentes, de public différent, de cultures diverses, de performances collectives et individuelles hors du commun.

Parler de lui, oui, c’est avant toute chose parler de foot, tout au long d’une carrière qui un jour peut-être, à force de récits, de curiosité et de connaissances, suffira d’elle-même à faire l’unanimité au sein même de nos frontières.


Renaud Badina (35 ans), passionné de football depuis ses premiers souvenirs et abonné à la revue After Foot.
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