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Les vérités que le monde du foot doit entendre

L’ironie du s(p)ort Gratuit
Publié le 7 septembre 2021
L’ironie du s(p)ort

Euro 2021 - France-Suisse : « c’est d’abord l’histoire d’un match mal géré » regrette Lloris dans une interview fin Août 2021. Mais peut-on simplement expliquer l'échec face aux Helvètes en ciblant ces dix minutes de fin de match ?

Euro 2021 - France-Suisse : « c’est d’abord l’histoire d’un match mal géré » regrette Lloris dans une interview fin Août 2021. On le sent amer, comme Deschamps qui souligne au sujet de la prétendue solidité défensive française lors de l'Euro 2020 : « On l'a perdue dix minutes. On ne va pas en reparler ». Mais peut-on simplement expliquer l'échec face aux Helvètes en ciblant ces dix minutes de fin de match ? Ce groupe n’a-t-il simplement pas su retrouver ce quelque chose, cette flamme qui leur a permis de revivre l'aventure de 2018 ?

Un sélectionneur aux fraises ?

Tous les médias ont parlé d'un Didier Deschamps qui arrivait en fin de cycle. Un cycle qui aura vu le groupe France pavoiser sur le toit du monde, avec une philosophie de jeu qui alliait pragmatisme et solidité. Cependant, en écoutant certains membres du staff, il apparaît que la Coupe du monde 2018 a davantage masqué certaines fractures du groupe français…

Mais revenons à la phrase de Lloris et à son diagnostic sur l'échec français survenu cet été et précisement à l'issue des huitièmes. Face aux Suisses, les Bleus menaient effectivement 3-1 à 10 minutes de la fin. Deux buts d’écart qui nous rappellent une après-midi de Juin 2018 contre l’Argentine, ce match emblématique qui s’est finalement terminé sur un score de 4-3 avec, comme face à la Suisse, une forte pression en fin de rencontre du bloc adverse. Cette victoire obtenue dans la douleur a permis à la France de continuer son parcours triomphant vers le trophée. Elle avait donné aux Bleus une raison de croire en leur destin.

Et si l’Argentine avait égalisé ?

Quand on écoute le staff aujourd’hui, l'issue du match face à l'Albiceleste aurait certainement été tout autre si le « Second poteau Pavard ! » avait fini sur le premier. Dès le coup de sifflet final, les médias auraient alors ciblé la défense française : trop fragile face à la tête d’Aguero par exemple ? Lloris incapable d’être décisif à un moment clé ?

Et de la même manière lors de l'Euro 2020 : si les Suisses avaient mis le ballon sur le poteau plutôt que dans la cage ? On aurait parlé d’un groupe soudé face à l’adversité qui revenait de l’enfer en évitant le 2-0 sur penalty. Un Lloris devenu héros d’un peuple… Ce qu’il faut retenir, c’est qu’on magnifie bien souvent un groupe par le résultat : le lien, l’ambiance sont mis en avant lors des succès. Qu’avons-nous entendu après le sacre de 2018 ? Rami fut le fer à souder de ce groupe.

Piqûre de rappel

Il est un événement à ne pas oublier lorsqu'on aborde l'équipe de Mancini lors de l'Euro 2020 : l'éprouvante qualification de l’Italie en huitièmes face à l’Autriche (qui a touché les poteaux et a vu un but non validé pour hors-jeu…). Une dramaturgie qui a permis à la Squadra Azzura de croire en elle pour la suite du tournoi. Cette même Squadra qui, en 2006, a failli vaciller face à une Australie en huitièmes de finale de Coupe du monde. Souvenons-nous du penalty de Fabio Grosso qui apparut comme un cadeau du ciel et qui permit de souder ce groupe tout en écrivant, quelques semaines plus tard, une belle page du football italien. Ce pays qui, à l’époque, est alors secoué par l’affaire du calciopoli.

On retrouve ainsi moult exemples dans l’histoire des grandes compétitions ce qui montre à quel point la réussite d’un groupe se joue bien souvent à pas grand chose. On se rappelle du Danemark 1992, soudé lors de la compétition par la souffrance de Vilfort face à la maladie de sa fille et qui démarre avec une défaite et un nul pour finalement remporter l'Euro… De même, la Grèce 2004 a gagné avec un groupe qui a pu compter sur un buteur de feu et une défense de fer. Ce bloc, qui, match après match, a cru en sa bonne étoile. Enfin le Portugal 2016 est passé par la porte des meilleurs troisièmes pour atteindre les huitièmes. Ils ont su par la suite s’accrocher et gagner dans le temps additionnel pour finalement remporter la finale. L’ironie du s(p)ort a joué pour cette équipe car c’est finalement un poteau de Gignac qui enterre la France et donne le champ libre au Portugal de soulever le trophée. Comme quoi, un poteau peut vous faire passer d’un groupe en manque de cohérence, à une équipe unie qui marque l’histoire de son pays.

Si je devais résumer : « Vous savez, moi je ne crois pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise » aventure d’un groupe. Moi, si je devais résumer ma vision aujourd'hui avec vous, je dirais que c'est d'abord des poteaux, une barre. Des petits choses qui m'ont tendu la main, des ballons qui rebondissent sur la main (#Titi) peut-être à un moment où l’équipe ne pouvait pas, où le groupe n’était pas soudé…

A méditer.


Auditeur assidu de l'After depuis bientôt dix ans, Florian Caringi est abonné à la revue de Daniel et Gilbert.

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