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Koeman, le bouclier du Barça Gratuit
Publié le 20 septembre 2021
Koeman, le bouclier du Barça

Sur un siège éjectable depuis l’été, le Hollandais demeure à la tête du F.C. Barcelone malgré les défaites cinglantes. Son aura de légende y est pour beaucoup...

14 septembre dernier. Sur le terrain du Camp Nou, le Bayern balaye les Blaugranas sans pitié. 0-3, comme en 2013. Les deux fois sans Messi. La première fois, l’Argentin était blessé et laissé sur le banc par le regretté Tito Vilanova. Cette année, pas besoin de faire un dessin. L’Argentin s’entrainait avec le PSG sur le terrain de Bruges pendant que ses ex-coéquipiers s’échauffaient sur ce qui a été son jardin pendant dix-sept longues années.

Le public du Camp Nou le sait et accepte le fait que son équipe manque de génie. Il ovationne donc son jeune milieu de terrain Gavi, 17 ans et deuxième match en pro, pour sa combativité, puis joue à s’envoyer un ballon d’une tribune à l’autre lors des cinq dernières minutes pour faire passer le temps alors que le match est plié depuis longtemps.

Résigné, il ne demande pas une seule fois la démission de son entraîneur, même si pour la première fois une pancarte « Koeman Out » apparaît dans les tribunes.

Le lendemain, même topo. La presse catalane ne demande pas la tête du Hollandais. Mundo Deportivo reprend même en Une ses paroles le soir d’avant : “Es Lo que hay”. “On fait avec ce qu’on a”.

Laporta publie une vidéo sur Twitter en fin de journée pour dire que « c’est l’un des scénarios qui était envisagé » en début de saison, après les départs du sextuple Ballon d’Or et de Griezmann (58 buts la saison dernière eux deux) tout en demandant « de la patience et un grand soutien » envers leur équipe. Rien à voir avec 2017, quand Sport « désignait » Luis Enrique comme responsable de la défaite du Barça 4-0 au Parc des Princes.

On ne touche pas à “Tintin”... du moins pas pour l’instant.

Koeman est en effet une légende du FC Barcelone. Le 20 mai 1992, il a inscrit sur un coup franc l’unique but qui a offert la première Coupe des Clubs Champions au Barça. Des millions de personnes lui en sont encore reconnaissantes en Catalogne. Au delà de ses qualités et de ses défauts. C'est notamment la raison qui a poussé Bartomeu à l'adouber en été 2020. Affaibli par l’humiliation de son club 2-8 contre - déjà - le Bayern en 1/4 de finale des Champions, le mauvais choix de remplacer Valverde par Setién huit mois plus tôt, le scandale du Barça Gate durant lequel la direction a dépensé deux millions d’euros pour diffamer ses meilleurs joueurs dont Messi sur les réseaux sociaux, il a besoin d’une figure emblématique pour ne plus être sous le feu des critiques.

Après un mauvais départ (dû, entre autres, au spleen de Messi d’avoir vu Suarez obligé de partir à l’Atletico Madrid pendant que lui restait contraint et forcé), son équipe remporte la Coupe du Roi, montre une bonne image au Parc en huitièmes de finale retour après le 1-4 de l’aller au Camp Nou, puis s’effondre sans explication en fin de championnat.

Entre temps, Laporta est arrivé au pouvoir. Il n’a pas choisi Koeman et aimerait mettre un homme à lui. Oui mais voilà, il ne peut pas, selon la version officielle, se payer le luxe de le renvoyer.

Par ailleurs (et Laporta le sait très bien) il se retrouvera en première ligne le jour où il virera Koeman… dont personne ne demande la démission. Alors autant continuer avec lui, même si la tension entre les deux hommes est palpable. Car aucun n’a sa langue dans sa poche.

A la chaine hollandaise NOS, Koeman dit de Laporta qu'il « parle trop ». Le chef de campagne du président, Lluis Carrasco, répond sur Twitter que « Koeman s’est auto-détruit. » Superbe ambiance… Reste à savoir combien de temps le Hollandais pourra faire paratonnerre. Certes, Laporta n’a pas d’alternative qui fait autant l’unanimité que lui auprès de la presse et des socios.

Jordi Cruyff ne veut pas du poste, Garcia Pimienta, entraîneur du Barça B pendant trois ans et très bien vu de l’entourage du club, s’est fait licencié en juin au cours d’une purge qui touche tous les départements, et Xavi ne viendra pas en cours de saison - et plutôt après la Coupe du Monde 2022 puisqu’il exerce au Qatar.

Mais si les socios sont prêts à supporter du mauvais jeu et quelques claques en Europe, ils ne tolèreront en aucun cas une absence de qualification en Ligue des Champions. Le totem d’immunité de Koeman disparaîtra donc si le Barça est distancé dans la course à l’une des quatre premières places de la Liga. Et lui avec.


Olivier Goldstein est abonné à la revue After Foot.
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