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Les vérités que le monde du foot doit entendre

Le foot à la sauce yankee Gratuit
Publié le 2 octobre 2021
Le foot à la sauce yankee

Private Equity, fonds d’investissement, Elliott, CVC, Ares, Silver Lake…. Ces nouveaux investisseurs arrivent dans un contexte particulier, post-crise du covid. Quelles conséquences pour les clubs européens ?

Private Equity, fonds d’investissement, Elliott, CVC, Ares, Silverlake…. Pour beaucoup ces mots et noms sont méconnus, mal compris, ils nous sont réticents car bien souvent attribués au monde la finance, des traders, Wall Street, à ces personnes au col blanc qui ne jurent que par le profit, le retour sur investissement et aux primes de performance. Or, ces fonds sont à la tête de bien nombre de sociétés (privées ou publiques), de clubs de foot, rugby et même à la tête de certaines fédérations de sport (on parle évidemment de LaLigua).

Ces nouveaux investisseurs arrivent dans un contexte particulier, post-crise du covid (certaines étaient présents avant cela dit). Ils arrivent surtout avec des montagnes de cash disponible à être investit dans un milieu qui étaient encore opaque aux investisseurs en capital investissement ou Private Equity. Alors pourquoi cela gêne, pourquoi sommes-nous plus réticents à ces nouveaux acteurs du marché ?

Mon avis ? c’est qu’ils sont tout simplement nouveaux dans ce monde, qui a déjà entendu parler de ces fonds, qui a entendu parler de return, carried interest, CVC, Ares etc…(sauf bien sûr les cols blancs de la City, de la Défense ou du 8ème arrondissement de Paris) ? Pas grand monde, et pourtant le monde du sport et du foot cohabitent depuis plusieurs années avec des investisseurs privés étrangers qui viennent au chevet de nos clubs.

Le Private Equity arrive simplement après la vague des milliardaires / oligarques fan de foot ou après la vague des Etats du Golfe qui rachètent à coup de pétrodollars des clubs. Nous avons également vu des stratégies différentes, le rachat d’un petit club pour le faire grand (Bruges), ou le rachat d’un gros club avec pleins d’autre petits (Manchester City et tous les autres clubs qui gravitent autour comme New York City FC, l’ESTAC, Girona FC).

Aujourd’hui c’est simplement l’heure du Private Equity d’entrée dans le monde du sport et surtout celui du foot.

Qu’est-ce que cela implique, pour nous fans ?

Nous sommes forcément impactés par ces fonds qui arrivent des US et rachètent des parts (minoritaire ou majoritaire) de nos clubs favoris. Évidemment cela se traduit dans un premier temps par une amélioration des bilans comptables de nos clubs (surtout avec cette crise), puis par une augmentation des budgets transferts le but étant de sauver la santé financière puis d’attirer au maximum les yeux sur ce club (tout cela dans le but de générer du cash, du profit évidemment). Alors pour nous fans, cela ne peut être que bénéfique, non ? Pourquoi ?

Parce qu’en général, si un gros fonds arrive et rachète un club c’est généralement parce que ce club est arrivé à un point de quasi-non-retour. Le club est en souffrance financièrement mais jouie d’un passé relativement glorieux, ou d’une image « marketing » correcte (on pourrait parler ici d’un club bankable, qui peut générer du cash si ce même club retrouverai de sa superbe). QSI avec Paris, le fonds Elliott avec l’AC Milan, et plus récemment les discussions de vente de l’ASSE sont des exemples de cette stratégie qui semble efficace et profitable.

Cette stratégie n’est pas si profitable que ça. En fait elle est même assez risquée et couteuse. Il ne suffit pas de lâcher 100 millions dans un club, attendre 5-10 ans et revendre pour gagner de l’argent. Cela dépend si le club gagne des trophées, arrive a ramené de bons contrats (pubs, sponsor, droits TV etc..), vend des billets et des maillots ou encore si le club descend en D2. Tout cela semble plus compliqué que prévu. Alors quel est le but de ces nouveaux investisseurs à dominance US ?

Vers une américanisation du football ?

Mon avis c’est qu’ils préfèrent perdre de l’argent en ayant comme actif, comme patrimoine, un club de foot réputé jouant ainsi le rôle de vitrine pour le monde entier. Les fonds de Private Equity américains, en investissant en masse dans le foot du top five européen, vont réussir petit à petit à rendre ce sport semblable aux sports américains. Selon moi, tout cet argent d’année en année a un effet boule de neige. Tous les acteurs de ce sport (TV, clubs, publicitaires, marques et équipementiers) s’en mettent plein les poches et notamment grâce à tout cet argent investit pour rendre des clubs toujours plus compétitifs, pour vendre plus, pour que l’on consomme plus.

Que personne ne soit étonné si un jour ou voit un all star game Ligue 1, ou Ligue des Champions, un peu comme en NBA où les tops players de se retrouvent l’espace d’un match de gala tout cela pour faire un maximum d’audience TV, faire grimper le prix des pubs à la mi-temps – tout cela pour divertir le public et avoir du spectacle. N’oublions pas que le football est le sport le plus populaire au monde, sauf aux USA, pourtant le sport qui génère le plus d’argent en droits TV est la NFL (foot US)… Imaginez donc le potentiel du football européen aux USA en termes de droits TV ?

Money is King


Geoffroy Reyjal (28 ans) est supporter du PSG mais aussi fan des sports US. Il est abonné à la revue After Foot.
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