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La défaite du Portugal, c’est d’abord la victoire de la Serbie ! Gratuit
Publié le 15 novembre 2021
La défaite du Portugal, c’est d’abord la victoire de la Serbie !

Ronaldo en danger, le Portugal en danger… Voilà comment on commente le match Portugal-Serbie, décisif pour la qualification à la Coupe du monde. Contexte du ballon d’or peut-être, les yeux pas en face des trous sûrement.

Franchement ! Oui le Portugal va devoir passer par la case barrages. Oui Ronaldo risque de ne pas jouer sa dernière Coupe du Monde. Oui et oui. Mais quid d’une Serbie emmenée par un sélectionneur clairvoyant une équipe qui semble, pour la première fois depuis longtemps, armée pour faire quelque chose... ?

C’est clair : la Serbie a 20 points et le Portugal 17 ! Tout s’est joué ce 14 novembre à Lisbonne. Tout était réuni pour voir un grand Portugal face à un outsider. Certes, un coup du sort au match aller à Belgrade avec un ballon qui franchit la ligne que tout le monde a vu même depuis Jupiter (sauf l’arbitre) et le Portugal est derrière au niveau comptable.

« Tranquilous » contre « quoi qu’il en coûte »

Mais que s'est-il passé dimanche soir ? L’avant-match est limpide comme de l’eau de roche : un Portugal tranquillou et sûr de sa force peut aller directement au Qatar avec un match nul quitte à oublier son jeu même à domicile. Et une Serbie qui vient jouer le « quoi qu’il en coûte » avec l’obligation de gagner pour éviter des barrages aléatoires.

Tout commence à merveille dès la 2ème minute et une bourde de Gudelj que Renato-Sanches n’attend pas pour flinguer Rajkovic. A 1-0 au bout de 2 minutes, tu te dis « bon ça va être chaud de ne pas prendre une valise »… Mais non, et c’est rare chez les Serbes, pas d’abattement. Reprise en main du ballon et possession de balle, impact physique en laissant Bernardo Silva tripoter le ballon pour la galerie, et surtout schéma tactique solide avec trois défenseurs et progressivement… sept attaquants.

Les Serbes capables du pire comme du meilleur

Pour le sélectionneur Stojkovic pas question de renier ses principes. La meilleure défense c’est l’attaque. Bilan : un Dusan Tadic fin et fort dans le dernier geste pour égaliser avant la mi-temps. Une seconde période où tu vois les Serbes revenir avec un attaquant supplémentaire au détriment d’un milieu défensif.

Et Mitrovic, c’est pas Mitroglou ! C’est Monsieur « je claque quand tu t’y attends pas ». Toute la seconde période, il laisse l’étoile montante de la Fiorentina, Vlahovic, écœurer les Portugais. Il passe toute sa partie à enquiquiner un Danilo repositionné en défense centrale (un signe ?)

Et puis à la 90e, comme s’il avait préparé son coup, sur une passe du meilleur passeur européen Tadic, il met sa tête à l’endroit le plus énervant pour un gardien : piqué à 2 cm de son orteil ! Bim, 43 buts en sélection ! Du jamais vu. Finalement pour le Portugal, le stade portait bien son nom. Et Santos en sélectionneur aguerri sait qu’il a fait une connerie.

Une campagne sans perdre

En face, au-delà du concept tactique du 3-1-6, et le 1 est incarné par Milinkovic-Savic, Dragan Stojkovic a su insuffler une dynamique offensive adaptée à un Portugal émoussé et un groupe de qualif' pas évident. A Lisbonne, on se retrouve avec une équipe sur le terrain qui compte juste avant le but de la victoire Jovic, Lukic, Radonjic, Mitrovic, Tadic et Vlahovic. Et encore ceux entrés en toute fin remplaçaient Kostic et Zivkovic, des attaquants.

C’est simple : Stojko a pris tout ce qui attaquait dans les championnats européens pour faire sa composition et son banc. Pas un seul joueur du championnat serbe.

Ce que fait Stojkovic nous fait penser à la prise en main par Michel Platini de l’équipe de France en 1988, la qualification en plus. Il réussit où Platini avait échoué face à lui avec l’équipe de France. Il prend en main la Serbie en début d’éliminatoires pour une courte victoire contre l’éternelle accrocheuse irlandaise (3-2). Après 6 victoires et 2 nuls (dont 1 à domicile), la Serbie montre une maîtrise telle que les Portugais regrettent la campagne européenne précédente durant laquelle ils les avaient étrillés 4-2 à Belgrade. Une époque pas si lointaine où les Serbes prenaient 5 buts en Ukraine sans broncher.

Serbie : la Bulgarie de 1993 ?

Pour autant cette époque est-elle révolue ? Pas sûr. On a malheureusement l’habitude de voir les Serbes débarquer en Coupe du Monde et faire pchitt. Quoiqu’avec ce match référence, un parcours à la Bulgare n’est pas à exclure. Donc oui ! Tout le monde parle aujourd’hui du « France-Bulgarie » Portugais. Souvenons-nous juste que la Bulgarie de Stoichkov avait atteint la demi-finale l’année suivante au mondial.


Chargé de mission relations institutionnelles et JOP 2024 Red Star auprès de la DGS chez Mairie de Saint-Ouen-sur-Seine, Christophe Disic est également abonné à la revue After Foot.

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