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PSG : le goût des choses simples Gratuit
Publié le 12 janvier 2022
PSG : le goût des choses simples

Dimanche 9 janvier, les Parisiens ont affronté l’Olympique Lyonnais en clôture de la 20e journée de Ligue 1. Face à des lyonnais résignés d’avance, un vent de fraicheur semble avoir parcouru l'effectif du PSG.

Tout footballer se doit de se poser les questions suivantes :

  1. Lorsque je contrôle la balle, mon contrôle me permet-il de faire avancer le ballon ou dois-je le faire glisser une passe dans les pieds d’un autre joueur mieux placé pour le faire avancer ?
  2. Après avoir passé le ballon, où dois-je me placer pour créer du danger et déstabiliser la défense adverse ?
  3. Au vu de la situation du porteur de balle (qui doit répondre aux deux questions précédentes), quels déplacements permettent de conforter les choix qu’il devra faire ?

Ces questions paraissent évidentes… et pourtant le PSG trouve le chic de les vider de leur substance. A mon sens, Verratti symbolise parfaitement cette perte de sens : à la première question il va opter pour la conservation du ballon à outrance, à la seconde il va s’arrêter, à la troisième il préfèrera trotter dans le vide et errer tel un nomade des plus grandes dynasties d’Asie centrale. Et il n’est pas en reste : si l’on s’intéresse à ses qualités techniques inexploitées (ou inexploitables), il en va de même pour ses comparses Gueye, Paredes, Herrera, Danilo. Quant à Wijnaldum ou Hakimi : ils apprennent progressivement à « s’adapter à l’équipe » et à oublier la simplicité du football qui leur a pourtant permis de briller dans leurs précédents clubs. La surface de réparation est devenue pour eux identique à celle du football à 5 : une zone interdite.

A titre d’exemple, le grand Barca a répondu à ces trois questions de façon extatique. Son centre de formation, unique dans l’histoire du football, est doté d’une qualité technique et d’un positionnement inégalables et a fait rayonner le football mondial avec un jeu de passes « simples », des déplacements « simples »… bref avec un schéma tactique « simple ».

Aujourd’hui au PSG on a tout l’inverse, voire le néant. On assiste à des joueurs en perpétuel attentisme du sort du jeu dirigé par trois stars présumées, aux choix incontrôlables et individualistes. Des joueurs qui privilégient de passes inutiles : les défenseurs centraux deviennent le centre de gravité des phases possessions. Ces joueurs se désintéressent du ballon dès lors qu’il n’est plus dans leurs pieds. Le maître mot est le suivant : ne pas faire la bourde qui mettrait en lumière les mauvais choix des « créateurs ». Halte à ne pas faire d’appel qui forcerait le gang des 3 à anticiper une perte de balle et un pressing.

Les jeunes pour éviter la disette ?

Mauricio Pochettino n'a pas eu d'autre choix que de faire appel aux jeunes pour composer le groupe face aux Lyonnais. Peut-être (ç’en est même certain) que les Simons, Michut, Dina Ebimbe ne connaîtront pas la carrière de leurs coéquipiers. Et pourtant durant vingt minutes on a assisté dimanche dernier à ce qui relève aujourd’hui du miracle : passes en première intention, présence dans la surface adverse, traitement égal entre latéraux/milieux et attaquants et… des choix simples. La gadoue parisienne n’a pas encore gangréné leur innocence et les fondamentaux du football sont encore leur ADN.

La confrontation avec le Real Madrid au mois de Février ne s’annonce pas simple… On imagine déjà Kroos, Modrić, Casemiro ridiculiser le football champagne (ou plutôt crémant) du PSG. Sans que l’on s’en rende compte, sans dribble chaloupé (ni loupé), sans déboulé sur toute la longueur en bombant le torse. On parle de polyvalence comme prérequis croissant du football moderne. Alors pourquoi pas revenir au simple avec les jeunes recrues du PSG ?

Daniel Riolo évoque avec ironie le bouton magique qui alignera les planètes et fera renaître Messi et Ramos. Une « simple » pression et tout repart. Le pire étant que le PSG a trouvé ce bouton magique lors des deux dernières saisons : Dortmund, Barça, Bayern, City, Bergame… Même si tous ces matchs n’ont pas été totalement maitrisés, Paris y a souvent offert ses meilleures prestations. Longtemps considérés comme des joueurs sans caractère, à la rue lors des grands rendez-vous, leur combativité et leur volonté de ne pas se ridiculiser les ramène aujourd’hui à l’essence même du football moderne lors les matchs à couperet : contrôle, passe, appel.


Abonné à la revue de l’After Foot, Kovinu supporte le PSG depuis le virage Auteuil.
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