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1998, année érotique Abonnés
1998, année érotique

En 1998, la victoire des Bleus a mis fin au mépris de la France pour les footballeurs et les supporters, qui a néanmoins duré jusqu’à la qualification des hommes de Jacquet pour la demi-finale.


S’il n’y avait pas eu Di Biagio, vous seriez tous derrière le Brésil, à parler de je ne sais quoi, à saluer je ne sais qui… » Vingt-quatre ans après, où en serait la France du foot si elle n’avait pas battu l’Italie aux tirs au but, aidée par Luigi Di Biagio, qui écrasa le cinquième tir au but transalpin sur la barre de Barthez ? Peut-être à rêver d’un quart, voire d’une demie en Coupe du monde, comme les glorieux anciens de 1982 et 1958. Bercés par les exploits de Ronaldo et de ses prédécesseurs, les plus jeunes soutiendraient le Brésil.

Une autre histoire

En 1998, motivés par une pub Nike au son de samba dans un aéroport, les adolescents apportaient leur soutien aux Auriverdes. Il faut dire que les Bleus n’avaient plus participé à la Coupe du monde depuis douze ans. Une éternité quand on en a 15 ou 16 et pas connu les exploits de la bande à Platini. Il y eut bien l’OM et le PSG, mais la rivalité entre les deux clubs avait fini par dynamiter la sélection, un soir de novembre 1993, au Parc des Princes, face à la Bulgarie. Et puis, ça faisait cool. Parce qu’un supporter de foot dans les années 1990, en France, était au mieux un bouseux, au pire un crétin. Je l’ai vécu. J’étais stagiaire dans une multinationale près de Paris. Au début de la compétition, personne ne comprenait que je descende à Marseille pour France-Afrique du Sud, ni que j’investisse quatre cents francs, au noir, pour voir les Bleus contre l’Arabie saoudite, au Stade de France. Je passais pour un idiot, entre indifférence, sourires polis et mépris. Aimer le foot, avant France-Italie, ce n’était pas tendance. Pour confirmer ces souvenirs, j’ai passé en revue les titres du journal...

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