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Bilbao, Basque ou rien Abonnés
Bilbao, Basque ou rien

L’Athletic Bilbao est le seul club des grands championnats européens à ne recruter que local. Les chantres de l’internationalisme et du vivre ensemble peuvent bien s’en offusquer, au Pays basque, le modèle rend fier et ne fait pas débat, même s’il provoque des tensions dans la région.

À Bilbao, l’identité n’est pas un vain mot, c’est un leitmotiv. À l’heure du football mondialisé, la particularité de l’Athletic, qui n’engage que des joueurs basques, est devenue une exception. Tous les clubs européens disputent leurs compétitions avec des joueurs de nationalités différentes, plus encore depuis l’arrêt Bosman, qui a révolutionné le monde du ballon rond au milieu des années 1990. En Angleterre, certains clubs jouent avec un seul Anglais, en Espagne le Real Madrid, le FC Barcelone ou l’Atlético Madrid jouent avec très peu de joueurs issus de leur centre de formation et souvent un nombre de nationaux espagnols qui ne suffirait même pas à constituer une équipe de five. À San Mamés, on joue uniquement avec des Basques, on forme uniquement des Basques.

Le club a pourtant été créé en 1898 par des ingénieurs anglais employés dans les usines de métallurgie qui prospéraient à cette époque près du port. Les bandes rouge et blanc du maillot s’inspirent de celles de Southampton. Une origine anglaise vite effacée, d’autant que la dictature franquiste, qui réduit considérablement les libertés dans la région, renforce le sentiment d’appartenance du peuple basque. Le drapeau basque, l’Ikurrina, réapparaît pour la première fois en public en 1976, après quarante ans d’interdiction, un jour de derby sur la pelouse d’Atotxa, l’ancien stade du club de San Sebastian, entre les mains des capitaines de l’Athletic, José Ángel Iribar, et de la Real Sociedad, Inaxio Kortabarria (photo p. 125).

Un appui populaire important

Cette spécificité peut surprendre, voire paraître sectaire. Mais elle bénéficie d’un appui populaire très important en Biscaye, la province de Bilbao, au Pays basque en général et partout ailleurs auprès de la diaspora (surtout aux États-Unis et en Amérique latine), qui s’identifie entièrement au club et à son mode de fonctionnement.

Dans sa différence, Bilbao a...

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