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En Argentine, le pouvoir des barras bravas Abonnés
En Argentine, le pouvoir des barras bravas

Elles sont responsables des troubles et des morts liés au football dans le pays, mais les barras bravas sont la plus grande attraction des stades argentins. Rois du spectacle en tribunes, ces groupes de supporters violents ont diversifié leurs activités, jusqu’à devenir des organisations criminelles proches du pouvoir.


Papelitos, banderoles, parapluies colorés, tambours, trompettes, rythmes de cumbia, chants continus à se péter la voix et empilement de supporters après les buts : dans l’imaginaire de n’importe quel footeux, les barras bravas sont des fanatiques qui foutent un feu unique dans les stades argentins. On vient à Buenos Aires pour l’ambiance en tribune, bien davantage que pour le niveau de jeu. Les stars sont derrière les cages. La Doce à la Bombonera, los Borrachos del Tablón à l’Estadio Monumental ou la Guardia Imperial dans l’enceinte de Racing. Depuis les paravalanchas, ces barrières censées empêcher les vagues de spectateurs, la barra orchestre le carnaval dans tous les stades de ce pays où le foot est une religion.

Ça, c’est pour la vision romantique. Apparu dans les années 50, le terme de barras bravas, inventé par la presse sportive de l’époque, désignait des fans de foot qui faisaient des dégâts. La définition est encore d’actualité. Aujourd’hui, en Argentine, ces groupes organisés de supporters sont surtout associés à la violence, à la délinquance et à la corruption. Leurs méfaits font régulièrement la une des chaînes d’information et des journaux locaux. Loin de la rubrique sport.

Petit résumé des derniers mois. Dans la banlieue de Buenos Aires, des barras bravas de Banfield ont tabassé des spectateurs de leur propre équipe, qui avaient exprimé leur mécontentement contre leurs dirigeants après un match. À Rosario, le chef de la barra de Newell’s Old Boys est accusé du meurtre de son prédécesseur. Lui et sa bande seraient liés aux puissants narcotrafiquants de la zone. À San Luis, en marge d’une rencontre, un affrontement entre deux groupes d’une équipe de deuxième division a fait un mort. Quelques semaines auparavant, en plein centre d’Avellaneda, au sud de la capitale, des coups de feu ont été échangés entre barras...

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