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Guerre et foot dans les Balkans Abonnés
Guerre et foot dans les Balkans

Pour le football, il n’y a pas d’ex-Yougoslavie. Plongée au cœur des Balkans, où le ballon est plus fort que les fusils.

Stade Maksimir de Zagreb, 3 juin 1990. La Yougoslavie d’Ivica Osim accueille les Pays Bas pour un dernier match amical avant de s’envoler vers l’Italie et le Mondial. Le public croate conspue l’hymne yougoslave. Savicevic en rigole, Sušic est dépité. Ivica Osim applaudit ironiquement la foule, qui crie « Hrvatska, Hrvatska » et prend fait et cause pour des Bataves qui ne comprennent rien à ce qui se passe.

Voilà une réponse à ceux qui, comme Gigi Riva, se demandent, avec talent, nostalgie et romantisme, ce qui se serait produit si Hadžibegic n’avait pas manqué son foutu tir au but contre l’Argentine quelques semaines plus tard, en quart de finale, après le récital de Stojkovic contre l’Espagne en huitième. Rien. Il ne se serait rien passé. Le divorce était déjà consommé, la Yougoslavie entrée en phase terminale. Les autres fédérations (Tchécoslovaquie, URSS) n’ont pas plus survécu à la fin du communisme, à leur régime à bout de souffle et illégitime. La différence, tragique, c’est la guerre. Et la guerre ne dépend pas d’un match de foot gagné ou perdu, ni des bagarres entre supporters.

Une cassure béante

Parce que ce match Yougoslavie-Pays Bas avait lieu à Zagreb, en signe d’apaisement (!), après la baston générale du 13 mai entre supporters du Dinamo Zagreb et de l’Étoile rouge de Belgrade. Mais si, voyons, le (trop) fameux « match qui donna le coup d’envoi de la guerre », le high kick de Boban sur un policier, tout ça… Bon, ce n’est pas aussi simple, mais la cassure est là, béante.

Depuis quelques années, les groupes ultras et hooligans apparus dans le pays se mesurent sur fond de nationalisme lors des déplacements à travers toute la Yougoslavie. Mais les stades ne font qu’amplifier les tensions politiques. Aucun compromis ne semble possible entre d’un...

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