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Réunir islam, foot et politique, c'est prendre tranquillement le chemin du bûcher, s'exposer au couperet de l'islamophobie, du racisme, de l'obsession identitaire. S'agit-il ici de condamner qui que ce soit ? Non, seulement de constater que les opinions sont de plus en plus conditionnées par l'identité, la communauté et la religion. Un peu comme si être musulman suffisait à déterminer un comportement dans l'espace public.


Le 24 février 2022, l'OM dispute un match de Conference League Europa en Azerbaïdjan. Un fait de jeu va en marquer l'histoire. L'OM mène 1 à 0 quand le joueur sénégalais du Qarabağ FK, Ibrahima Wadji, égalise. Il marque de la main. L'arbitre n'a rien vu. Il valide le but. Les Marseillais sont en colère. Mattéo Guendouzi intervient. Il fonce vers Wadji et lui demande de confesser sa faute. Il avance un argument inédit : « Tu es musulman, tu ne peux pas mentir ou tricher, sinon Dieu va te punir ! » Inspiré par Dieu et l'honnêteté de son coach, Wadji finit par avouer. Reconnaître sa faute sur un terrain de foot, c'est très rare. Le faire parce que quelqu'un rappelle au fautif ses obligations religieuses, je ne l'avais jamais vu.

Cet événement est à l'image de ce qui s'est passé lors de la CAN 2022, pendant laquelle on a assisté à une explosion des manifestations religieuses. Notre football se réfère de plus en plus ostensiblement à la religion.

On ne discute pas une identité

Les origines de la majorité des joueurs évoluant en France y ont fait de l'islam la première religion du football. Mais bien plus que la religion elle-même, c'est l'appartenance à une communauté dont la religion est un élément constitutif qu'il convient de noter. Derrière le mot « frère », qui sert à appeler tout le monde, nous faisons partie d'une sorte de grande famille aux contours parfois étonnants. Elle suffit à établir la carte d'identité du joueur de L1.

Je ne reviendrai pas sur la construction de ce que j'ai appelé la ghettoïsation du foot français. J'en parle depuis dix ans dans l'After et dans différents livres. Je préfère parler des effets, au-delà du constat. On n'en est plus à débattre du halal dans...

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