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Le patriotisme est parfois une affaire d’opportunité Abonnés
Le patriotisme est parfois une affaire d’opportunité

Double champion d’Afrique, champion olympique, Ballon d’or africain, double meilleur buteur de la CAN, auteur d’une bicyclette d’anthologie contre les Bleus… Patrick Mboma a un palmarès qui en fait l’un des plus grands joueurs africains de l’histoire. Patrick, à l’After, on l’adore ! Intelligent, réfléchi et pertinent, il a partagé de nombreuses émissions avec nous. Il raconte ici, en toute franchise, son parcours de binational, entre France et Cameroun.

Je me définis comme un citoyen du monde et père de cinq enfants. Ma vie professionnelle m’a fait voyager et apprendre plusieurs langues. Sur le plan administratif, je suis français et camerounais, mais je me sers plus de mon passeport français – bon, fiscalement, je suis basé en France, hein ! Mais, au plus profond de moi-même, je suis camerounais. Je ne veux pas galvauder ce que la France m’a apporté, une éducation, un travail – mais c’est le PSG qui a acheté ma maison (rires). Donc, je suis de France et du Cameroun et ça ne me dérange pas. Je n’ai pas le sentiment de trahir l’un ou l’autre pays. Je vis une binationalité très heureuse et sans équivoque.

C’est le football qui m’a poussé à devenir français, à vingt-et-un ans, alors que je suis né à Douala. J’étais en début de carrière et c’est ce qui m’a permis de jouer avec les professionnels. Je suis arrivé en Europe à deux ans, donc il n’y avait rien d’illégitime à ce que je devienne français. J’aurais pu le devenir bien avant, mais ça n’évoquait rien pour moi.

Ma nationalité sportive, c’est Camerounais. À la maison, on vit camerounais, je ne me posais pas la question de changer de nationalité. Je l’ai fait uniquement pour le foot. Je jouais à Paris, on m’utilisait, je marquais des buts, j’étais le meilleur buteur de troisième division. Le club me dit que c’est mon intérêt de devenir français. Il m’aide à me faire naturaliser, en 1992, ce qui me rend service immédiatement : il y a trois joueurs brésiliens dans l’effectif et donc, avec un passeport hors Union européenne, je ne pouvais pas jouer. En vérité, j’aurais dû demander de l’argent. Car en devenant français, je renonçais à ma nationalité camerounaise. Chez nous, la...

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