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Transferts et plus-value : les tours de passe-passe comptables

La crise économique et les bilans déficitaires ont poussé les clubs à se montrer créatifs s’ils voulaient retrouver leur équilibre financier. Parmi leurs inventions, la plus-value fictive menace l’intégrité des joueurs et leur bien-être psychologique. Si cette astuce comptable n’est pas sans risque ni effets pervers, elle intéresse de plus en plus les dirigeants.

Vous ne trouvez pas que ces derniers temps, on assiste à des transferts pour le moins curieux ? Des sommes étonnantes pour certaines transactions ? Ainsi de l’inexpérimenté Stefano Sturaro, vendu 16,5 millions d’euros au Genoa, ou d’Emil Audero, 20 millions d’euros à la Sampdoria. Des sommes importantes pour d’illustres inconnus.

Pire, à l’été 2020, le transfert du joueur de la Juventus, Miralem Pjanić, a fait beaucoup parler. Alors que les clubs s’alarmaient des effets de la crise sanitaire et de l’impact du confinement, des huis clos et de la crise économique, le joueur bosnien était cédé contre 60 millions d’euros, hors bonus, au FC Barcelone. Au même moment, le Brésilien Arthur faisait le chemin inverse et arrivait en Italie. Montant du transfert : 72 millions d’euros.

UN BON JOUEUR DE MONOPOLY DOIT S’ACCROCHER POUR COMPRENDRE

Un père de famille gérant au mieux sa comptabilité aurait fait plus simple, une sorte d’échange payant : « Tu me donnes Arthur et je te donne Pjanić, plus 12 millions d’euros. » Au Monopoly, un orange contre un rouge et un petit supplément en cash. Le Barça et la Juve lui ont pourtant préféré un transfert sec, plein et surtout cher. C’est là que même un bon joueur de Monopoly doit s’accrocher pour comprendre.

Tout est parti d’un accord entre les deux clubs, qui ont profité d’un point du règlement comptable international. Pour les clubs, depuis les années 1990, les joueurs sont considérés et intégrés comme « des actifs intangibles inscrits à leur bilan », au même titre que n’importe quel investissement immobilier, placement financier ou dépense structurelle. Autrement dit, ce sont des biens qui peuvent être amortis sur toute la durée de leur contrat. Ils constituent ce qu’on appelle le « portefeuille joueurs ».

Lorsqu’un joueur est acheté, il signe un contrat...

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Pierre RONDEAU
Pierre RONDEAU

Spécialiste de l’économie du football, il est professeur à la Sport Management School et codirecteur de l’Observatoire du sport à la fondation Jean-Jaurès. De là, peut-être qu'il peut apercevoir Marvin Martin.

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