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Salaires plafonnés : une tarte à la crème démago Abonnés
Le 11 mai 2021
L’idée commune selon laquelle un salaire de footeux est forcément indécent trouve très souvent une réponse facile et convenue. Une bonne vieille solution dégoulinante de miel : le Salary Cap. « On » décide d’une somme à ne pas dépasser. « On » encadre les salaires. Mais qui est ce « on », qui paraît-il est souvent un con ?
Salaires plafonnés : une tarte à la crème démago

Le football s’est toujours inséré dans les problématiques de son époque. La thématique des inégalités est aujourd’hui au centre du débat politique et il n’est pas surprenant que les salaires du football alimentent la discussion. Elle débouche trop souvent sur cette conclusion assez banale que les footballeurs composeraient une classe de « milliardaires en short ».

L’idée que les footballeurs sont trop payés traverse le champ politique, pour des raisons idéologiques différentes : d’un côté une critique sociale, de l’autre la remise en cause du libéralisme. Sur l’aile droite, Dominique Seux, dans un article des Échos (28 mai 2020), s’inspirait d’une étude de l’INSEE qui constatait pourtant qu’il y a davantage de directeurs que de footballeurs parmi les hauts salaires du secteur privé, pour affirmer qu’alors même que les sportifs sont aussi nombreux que les patrons parmi les 100 personnalités les mieux payées, « on montre davantage du doigt les seconds que les premiers » (sic). Certaines rémunérations élevées seraient donc moins légitimes que d’autres. Plus récemment, Le Figaro posait ainsi la question : « Et si on baissait les salaires des footballeurs ? »



Sur l’aile gauche, Mediapart, dans des articles à charge contre un football tombé depuis trop longtemps dans les mains du Grand Satan capitaliste (sur le racisme systémique dans le football français, notamment), en fait le symbole du « néolibéralisme » et de cette manière de (mal) le penser : « Les salaires souvent pharaoniques des joueurs ont continué de courir, plongeant ces clubs dans une situation d’asphyxie financière sans précédent. »

En résumé, il y a un certain consensus à voir dans les footballeurs et leurs rémunérations excessives des boucs émissaires faciles. Il est plus simple de taper sur ces salaires-là plutôt que sur ceux d’autres secteurs économiques, comme la culture par exemple. Une...

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