Portugal : le grand petit pays du foot

Dans l’ombre des ligues blindées, le football portugais est condamné à bricoler, échafauder, buriner pour (sur)vivre. Savoir (se) vendre est une nécessité assumée, décomplexée et sans cesse réinventée. Cristiano, Mourinho, Mendes ou Campos le prouvent : ce n’est pas la taille qui compte.

Foot portugais, ça va parler oseille ! Jingle juste prix ! » #LesVraisSavent. Ils savent qu’au Portugal, où le foot est une valeur qui n’a pas de prix, il y a un moment que le rationalisme s’est substitué au romantisme. Un joueur est un actif, le foot pro un business, les bilans comptables des clubs des lectures obligatoires, au même titre que celles des quotidiens sportifs A Bola, Record et O Jogo.

C’est dans les années 1990 que le futebol prend le virage du foot business. L’entrée du Portugal dans l’Union européenne (1986) est suivie d’un boom économique. Le pays, qui, sous l’interminable dictature salazariste, idéalisait l’autarcie, se privatise, se libéralise. Le ballon rond aussi. En 1997, naissent les premières sociétés anonymes sportives...

Nicolas Vilas
Nicolas Vilas

Spécialiste du football portugais, il s'intéresse quand même aux grands championnats. Sans doute le seul homme sur la planète à apprécier autant le style de Rui Costa que celui d'Eder.

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