La Superligue, pain bénit des démagos

L’annonce de la création d’une Superligue européenne a déclenché une tempête médiatique sur tout le continent. Parmi les premiers à réagir, le monde sportif, vite suivi par les politiques, au plus haut niveau. La Superligue est alors devenue une affaire d’État. À raison ?


Qui peut encore considérer le foot comme un simple sport ou un divertissement, au sens pascalien d’activité qui détourne de l’essentiel ? Personne. Avec la Superligue, on en a eu la confirmation. En France, Emmanuel Macron lui-même, président de la République, s’est opposé publiquement au projet, assurant que « l’État français appuiera(it) toutes les démarches de la LFP, de la FFF, de l’UEFA et de la FIFA pour protéger l’intégrité des compétitions fédérales, qu’elles soient nationales ou européennes ». Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a lui aussi protesté, à sa manière. Son ministre des Sports, Oliver Dowden, est allé dans le même sens, sans sous-estimer le sujet : « Nous n’hésiterons pas non plus à protéger l’une de nos plus...

Olivier Babeau
Olivier Babeau

Olivier Babeau est professeur à l’université de Bordeaux et président-fondateur du think tank Institut Sapiens. Essayiste, il a publié plusieurs ouvrages dont Le nouveau désordre numérique, Comment le digital fait exploser les inégalités (Buchet-Chastel, 2020).

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