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"Le Madjer, c'est une marque déposée" Abonnés
"Le Madjer, c'est une marque déposée"

De son inspiration est né un geste magique à son nom, la « Madjer ». Entretien avec l’artiste algérien, pour qui jouer rimait avec s’amuser et pour qui ce coup de talon fut surtout un coup de talent.


1987, finale de Coupe des clubs champions européens. À la 79e minute, le FC Porto est mené 1-0 par le Bayern, quand tu inities la remontada des Dragões en égalisant du talon. Raconte-nous : comment ce geste t’est-il venu ?
Rabah Madjer :
C’était très spontané. Ça fait partie de ma technique. Quand tu es dans un stade, sur le terrain, en finale de Coupe d’Europe des clubs champions pour la première fois, tu n’as pas le temps de réfléchir. Quand l’occasion est survenue, j’ai tenté la talonnade et j’ai bien fait. Flick était déjà sur la ligne de but, Pfaff lui aussi était revenu, Rummenigge était derrière, si j’avais pris le temps de contrôler le ballon, jamais je n’aurais marqué ce but. J’ai laissé passer le ballon entre mes jambes et j’ai talonné. Je n’ai pas laissé à Flick le temps de réfléchir. Il n’y avait pas le temps de réfléchir.


Peux-tu définir ce qu’est une Madjer, une vraie ?
RM :
Tout d’abord, c’est une fierté. À chaque fois qu’un joueur, plus spécialement en Europe, marque un but en talonnant, on parle tout de suite de Madjer. C’est une marque déposée. Je suis très heureux d’avoir laissé cette empreinte derrière moi. Ça fait partie de ma carrière.


Mais ton geste n’est-il pas parfois galvaudé par certains commentateurs ?
RM :
C’est vrai qu’en finale de coupe d’Europe face au Bayern, j’ai marqué une vraie talonnade. C’était dos au but et il fallait de l’audace pour prendre cette décision en une fraction de seconde. Mais je n’avais pas d’autre choix. Si tu remarques bien, Frasco, au milieu de terrain, fait la passe à Juary à droite, Juary centre, mais le centre est raté parce qu’il a touché l’épaule d’un défenseur du Bayern et qu’il a changé la trajectoire. Je...

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Nicolas Vilas
Nicolas Vilas

Spécialiste du football portugais, il s'intéresse quand même aux grands championnats. Sans doute le seul homme sur la planète à apprécier autant le style de Rui Costa que celui d'Eder.

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