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Argentine les clásicos à la folie

Outre la confrontation mythique entre Boca Juniors et River Plate, le moindre village ou quartier vibre pour son clásico à lui, essence du football argentin, construit autour de la rivalité entre clubs, plus importants que la sélection nationale. Abattre l'adversaire historique n'a pas de prix, sinon celui de la souffrance.


L'Estadio Monumental rugit dans la chaude nuit d'été portègne. Ce dimanche 13 mars, à Buenos Aires, dans la plus grande enceinte d'Argentine, près de 60 000 spectateurs célèbrent la claque assenée par River Plate à Gimnasia La Plata (4-0). Mais dans les virages, il n'est question que de la rencontre à venir. « Dimanche prochain, coûte que coûte ! Dimanche, nous devons gagner ! » hurlent comme des possédés les hinchas, les ultras, rouge et blanc. C'est un conseil, sinon un avertissement, pour leurs joueurs, leurs dirigeants, mais aussi leur prochain adversaire. Dans une semaine, dans ce même stade, le rival éternel, Boca Juniors, disputera à River Plate le superclásico. C'est lui, le match qui compte vraiment.

Quand il y pense, en quittant le stade, Christian Elusanse, supporter des Millonarios, les joueurs de River Plate, sent l'anxiété monter. Pour gérer ses nerfs, cet employé de banque, qui vient tout juste de fêter ses 30 piges, a sa méthode, qu'il répète avant chacune de ces confrontations historiques : « Je coupe tout. À partir de ce soir, je ne regarde plus les émissions sportives, bloque les mots superclásico, River et Boca sur les réseaux sociaux. Si je suis invité à une soirée où il y a un supporter de Boca, je n'y vais pas. Je ne veux rien savoir, sinon je deviens fou. »

Tout ce qui précède le match lui est insupportable. Or, près de trois Argentins sur quatre soutiennent l'une ou l'autre des deux équipes. Le pays entier parle donc de l'événement 24 heures sur 24. Ces jours-ci, entendre ou lire quelque chose sur la rencontre ramènerait Christian à sa pire angoisse : et si son club perdait contre Boca ? Le déshonneur serait total, il lui faudrait des semaines pour s'en remettre, en plus de subir les fanfaronnades...

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Georges Quirino Chaves
Georges Quirino Chaves

Après avoir vu Chris Froome à pied sur le mont Ventoux et Jano Resseguié trop essoufflé pour commenter le but de Sergi Roberto au Camp Nou, il pensait avoir tout fait en dix années à RMC Sport. C’était avant de suivre la dernière tournée et les obsèques de Maradona en Argentine, où il travaille comme journaliste freelance depuis 2018. Daniel est persuadé qu’il est grec. Alors que pas du tout.

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