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Moi, ministre des Sports : la fin de l'hypocrisie Abonnés
Moi, ministre des Sports : la fin de l'hypocrisie

Ça sert à quoi, un ministre des Sports ? À mes yeux, pendant longtemps, et j’avais le même avis pour la culture, ça sonnait un peu pays de l’Est. Le gouvernement doit-il se mêler de tout et donc du sport ? Avec le temps, ma position a considérablement évolué. Je crois désormais que le rôle du Ministre des Sports doit s’affirmer.

Doit-on planifier une politique sportive ou culturelle ? Et faut-il dès lors être dans les clous du gouvernement, d’une politique, d’une idéologie ? Cette idée m’a longtemps fait flipper. Pour la culture, on l’a vu lors de la dernière cérémonie des Césars, l’idéologie a bien gangrené les esprits. Une lente dérive vers l’extrême gauche ordinaire.

Pour le sport, je n’ai jamais eu l’impression qu’on planifiait quoi que ce soit. On fait des lois antidopage, parfois. On inaugure des stades et on y va aussi pour voir des matchs. Parfois, on est ministre fantoche, comme Roxana Maracineanu, sous tutelle du ministère de l’Éducation. Le niveau de compétence ne semble pas être un critère de recrutement.

L’ex-sprinteur Roger Bambuck est le premier ministre des Sports dont je me souvienne. Après lui, douze autres ont occupé la fonction, globalement d’anciens sportifs. On a récompensé l’olympisme. Escrimeur, judoka, les sports à médailles. L’idée se défend. On a eu des politiques, aussi. Bachelot et ses « caïds immatures ». Rama Yade et l’Uruguay, dont il fallait se méfier après ses belles perf’ à… l’Euro. Le rugby a été honoré avec Bernard Laporte. Le président Sarkozy voulait récompenser un sport sain, de valeurs, patriote, où l’on chante haut et fort La Marseillaise – en gros, pas comme le foot. Car voilà le fil directeur : tout, sauf le foot ! Le foot, c’est mal. Le foot, c’est l’argent. Le foot, c’est indécent. Le foot, c’est mal fréquenté. Le foot, c’est bien quand les Bleus gagnent – là, on fonce et on se montre. Non seulement, jamais un proche du foot n’a été nommé, mais pire, j’ai le sentiment qu’on a tout fait pour que ça ne soit surtout pas le cas. Peu importe que ce soit le sport le plus populaire, peu importe que le foot...

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