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Pourquoi les Pays-Bas n'ont jamais gagné la Coupe du Monde... Abonnés
Pourquoi les Pays-Bas n'ont jamais gagné la Coupe du Monde...

Les résultats de la sélection des Pays-Bas dans les compétitions internationales sont plus qu’honorables pour une petite nation, mais pas à la hauteur du talent de ses joueurs. La faute à des personnalités souvent ingérables et à l’individualisme érigé au rang de valeur.


Dans leur façon d’aborder cet Euro, ils ont probablement été un peu arrogants. C’est un sentiment commun aux Néerlandais. Ils ont cru qu’ils survoleraient le tournoi alors qu’ils l’avaient déjà mal commencé contre nous » : c’est en ces termes peu diplomatiques que le Danois Christian Eriksen, alors à l’Ajax et fin connaisseur du football néerlandais, tailla un costard aux Pays-Bas, pourtant co-favoris du tournoi 2012, mais battus trois fois et éliminés dès la phase de poules.

Arrogants. Le mot est lancé. C’est le péché d’orgueil des Oranje. Un travers qui remonte à la finale de Coupe du monde 1974, face à la RFA (1-2). « Nous avons marqué trop tôt, ­ressasse Johnny Rep, meilleur buteur de l’équipe en Coupe du monde. Là, on s’est dit "ça y est, on est ­champions !" On a oublié de marquer un deuxième but. C’est un bel exemple d’arrogance hollandaise. Et il ne faut jamais faire ça avec l’Allemagne. » Cet indécrottable complexe de supériorité, que les footballeurs ­bataves assument, sinon revendiquent, leur a coûté quelques titres dans les grandes ­compétitions internationales.

Le bilan de ce petit pays est toutefois loin d’être déshonorant : trois finales de Mondial (1974, 1978 et 2010) et une victoire à l’Euro 1988. D’autant que d’autres raisons, fortuites, expliquent ses glorieux échecs : avant 1969 et la finale de C1 de l’Ajax, son histoire footballistique était maigre ; le professionnalisme ne s’y est généralisé qu’au début des années 1970 ; des creux générationnels dus à un réservoir de talents limité ont occasionné quelques trous dans son CV, dont les absences aux coupes du monde 1982, 1986, 2002, 2018 ; il a été battu par les futurs vainqueurs des tournois, qui jouaient souvent à domicile ; des cracks comme Van Basten ont été prématurément blessés, sans compter Bergkamp, qui...

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