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Prédire les résultats, mission impossible ? Abonnés
Prédire les résultats, mission impossible ?

Connaître à l’avance les résultats des matchs du Mondial, comme s’y emploie la science depuis longtemps, à grands coups d’algorithmes et d’équations complexes, est un rêve. Mais personne ne contrôle les dés du football.


En 2014, j’ai connu ma première heure de gloire médiatique. Jeune professeur et doctorant à ­l’Université Paris 1 Panthéon-­Sorbonne, je m’étais pris de passion pour les travaux de l’économiste Wladimir Andreff. Spécialiste en économie du sport et père fondateur de la discipline en France, il avait construit dans les années 1990 des modèles macro-économétriques de prédiction des résultats sportifs basés sur des variables sportives, sociales et économiques.

Testés pendant les Jeux olympiques, les outils d’Andreff donnaient les classements au tableau des médailles avec une précision proche de 90 %. Je me suis efforcé de les appliquer au football, à l’occasion de la Coupe du monde 2014. L’idée était simple, basée sur des mécanismes déjà étudiés en économie du développement : la performance d’un pays dépendrait de nombreux facteurs, comme le taux de scolarisation, l’espérance de vie en bonne santé, la compétence, le niveau de productivité, mais aussi le niveau de vie, voire le cadre politique.

Une vingtaine de critères

Si l’on applique ces outils au sport, un pays est performant s’il a une population compétente et nombreuse, les moyens suffisants pour se consacrer pleinement aux activités sportives, ainsi qu’un appareil politique stable, assurant la pérennité des instances et fédérations sportives. Andreff avait dégagé plus d’une vingtaine de critères, allant du PIB par habitant au taux d’alphabétisation, en passant par les budgets alloués au ministère des Sports, les dépenses sportives par ménage, le régime politique et la stabilité démocratique. Il ajoutait à ces variables socio-économiques des critères sportifs, comme le nombre d’athlètes qualifiés et présents aux JO, le fait de jouer à domicile ou les performances passées.

Au total, Andreff a testé son algorithme, alimenté par ces éléments économétriques complexes, lors d’une dizaine d’olympiades, des Jeux de Los Angeles, en 1984, à ceux de Londres, en 2012. Pour quels résultats ?...

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