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Coupe du monde
Ramener le boycott à la raison Abonnés
Ramener le boycott à la raison

Et si on retournait leur question aux belles âmes : peut-on regarder le Mondial sans pour autant être un beauf insensible et cynique ?


Les émissions de débat ressemblent aux déjeuners de famille. Il y a d’abord celui ou celle qui a passé la journée en cuisine et aimerait bien qu’on lui fasse un ou deux compliments sur son gigot. Mais, autour de la table, les haricots verts défilent aussi vite que les sujets de discussion s’enchaînent. De toute façon, personne ne demande jamais son avis au présentateur. Il y a de quoi en avoir gros sur le karma. Devant ses yeux résignés, la conversation se clive. Il y a les réalistes d’un côté. Ils ont un peu de barbe, un peu moins de cheveux, des chemises repassées et un ou deux marmots qui réclament l’attention. En face, les idéalistes à tendance utopiste. Ils sont accrochés à leur téléphone, n’ont pas d’enfant et sont végétariens depuis deux mois. Tant pis pour les traditions familiales. C’est toujours ça que les boomers n’auront pas.

Quand la Coupe du monde au Qatar s’invite au menu, le gigot passe un midi tranquille, pendant que les esprits s’échauffent. On invoque pêle-mêle les morts sur les chantiers, le statut précaire des droits humains, la lapidation, toujours au Code pénal, ou les sept années de prison dont est passible un homosexuel, la mort s’il est musulman. Pour une fois, on ne parle pas football, mais procédure pénale et déclaration des droits de l’homme. La discussion traîne en longueur, les citations de l’article 1 de la déclaration de 1948 (ou de celle de 1789, on se mélange un peu) sont de plus en plus approximatives, in fine, on se met d’accord pour trouver que tout ce cirque autour du Mondial, ça commence à fatiguer. Vivement le dessert. C’est de plus en plus difficile d’aimer le football. Surtout pour ceux qui ne le regardent jamais.

Char à voile et tranche de gigot

Le...

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