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Stades, les virages de la gentrification Abonnés
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Avec l’augmentation du prix des places, des abonnements et des déplacements, le football connaît lui aussi l’inflation. Moins de classe populaire, plus de classe moyenne supérieure, ses supporters changent. Jusqu’à menacer la ferveur ?


Au lendemain du fiasco du Stade de France, lors de la finale de la Ligue des champions opposant Liverpool au Real Madrid, la plupart des officiels se sont empressés de dénoncer le comportement inadmissible des fans des Reds, coupables de tous les maux. Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, comme le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, ont accusé les supporters britanniques de s’être déplacés en masse, sans billet, et d’être ivres et violents.

Pourtant, tous les observateurs ont constaté qu’au contraire, les supporters avaient été victimes d’une organisation déficiente et que, malgré un comportement exemplaire, ils avaient subi les errements des forces de l’ordre et des autorités. Mais n’était-il pas plus simple de dénoncer les supporters plutôt que de reconnaître des erreurs et des fautes ? Il y a bien longtemps qu’à droite et à gauche, on critique les fans à grands coups de clichés, décérébrés alcoolisés, smicards dépensant de petites fortunes pour admirer des millionnaires en short. Dans l’inconscient collectif, ce stéréotype a la vie dure. À chaque accident, à chaque débordement, on considère que c’est la faute du supporter populaire abêti.

10 millions de pratiquants

L’analyse est facile. Mais elle ne passe pas l’épreuve des faits. Le football a changé. Il y a longtemps qu’il ne correspond plus à sa légende de sport populaire, au sens sociologique du terme, pratiqué par les classes précaires, par un prolétariat mondialisé. Il n’est même plus honni par les classes dirigeantes, ni méprisé par les élites et caricaturé par la haute société. Tout le monde aime et pratique le football.

Rien qu’en France, la fédération compte plus de deux millions de licenciés, ce qui en fait l’une des plus importantes du pays, et ce sans toutes celles et ceux qui pratiquent officieusement, sans licence. Le chiffre pourrait atteindre 10 millions...

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