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Foot italien
Tu vuò fà l'americano Abonnés
Tu vuò fà l'americano

(traduction : "tu veux faire l'américain")

Tout se perd, signora, tout fout le camp. Après avoir moqué l’évolution de la Premier League, l’Italie, bien plus conservatrice en matière de foot que l’Angleterre, a fini par se tourner elle aussi vers des hommes d’affaires étrangers. Une révolution sans séduction.

Le premier coup est porté en 2010. Cette année-là, la Ligue italienne de football instaure le lunch match du dimanche à 12 h 30. On touche au sacré. Le gigot-haricots a disparu des tables françaises depuis longtemps mais en Italie, le triptyque messe-foot-déjeuner du dimanche en famille est une tradition solide.

Dans de nombreux stades, les tifosi pestent contre ce sacrilège bafoué. À Parme, les supporters accueillent leurs joueurs et leurs adversaires dans un silence glacial. Chacun a apporté son panino et se réfugie derrière le communiqué du groupe ultras des Boys : « Depuis que le monde existe, on déjeune à cette heure-là, surtout les familles, que les dirigeants veulent faire revenir au stade. On invite donc tous les supporters à venir en tribune avec un sandwich et à le manger à l’entrée des deux équipes. »

L’initiative fait beaucoup parler, mais n’a finalement pas d’effet durable. Le match du dimanche à 12 h 30 s’installe peu à peu. Il est fait pour le marché asiatique. Vendre la Serie A en Asie, faire comme les concurrents, chercher à augmenter les revenus. L’objectif est économique.

Les Anglais ont commencé. L’Italie observait alors la Premier League avec dédain : « Mais regardez ces Anglais qui dénaturent et dépassionnent leur football avec l’arrivée de tous ces investisseurs étrangers qui ne sont là que pour le business », disait-on. En Italie, l’Anglais, l’Américain, le type du Nord en général, est un « fantaisiste », un mec qui ne pense qu’à l’argent et se vend au plus offrant. On se moquait et se méfiait d’un football dont la logique économique prend le pas sur le sport et le romanesque. Mais derrière la moquerie, il y avait aussi la peur que le mouvement se répande.

Dans les années 2000, l’Italie pratique encore « le football...

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