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Numéro 10
Un rebeu, ça joue 10 ! Abonnés
Un rebeu, ça joue 10 !

L’Allemand est un bon défenseur, l’Argentin a la grinta, le Sénégalais est physique... Les poncifs liés aux origines des joueurs sont nombreux, et parfois vrais. Ainsi du joueur maghrébin, dont le numéro est forcément le 10, son idéal, son Graal.


L’émotion gagne Jean-Michel Larqué lorsqu’il évoque son idole, Rachid Mekhloufi, numéro 10 et capitaine du grand Saint-Étienne des années 1960 : « En match et à l’entraînement, Rachid faisait des choses avec le ballon qui nous étaient inconnues. On retrouvait chez lui, comme chez Zidane, la finesse de jeu, la spontanéité, l’inventivité. J’ai modestement essayé de m’en inspirer quand je suis devenu à mon tour le numéro 10 des Verts. » Rachid Mekhloufi, 1m 68, a inauguré la longue lignée des meneurs de jeu franco-maghrébins qui ont sublimé le football français, au point de devenir des stéréotypes, aux caractéristiques quasi-invariables : milieu offensif, au gabarit petit-moyen, très technique et assez souvent algérien, kabyle surtout, tel Moussa Saïb, que Guy Roux, subjugué, repéra à Troyes lors de la tournée française de l’équipe d’Algérie en 1992. « Technique, élégance, vision du jeu, la quantité d’actions produites, son attitude stoïque devant un gars qui le fauche… Un joueur, quoi, se souvient l’ancien entraîneur d’Auxerre. Saïb aurait été français, il aurait joué en équipe de France avec Zidane. »

L’histoire d’amour entre le foot français et ses artistes rebeus remonterait, tout un symbole, au retour de Rachid Mekhloufi à Sainté, alors en D2, en 1963, après qu’il avait joué quatre années dans l’équipe du FLN. Pour son premier match, il redoute l’accueil hostile du public de Geoffroy-Guichard : « On joue l’engagement et là, je fais un numéro. Je dribble, je cours, je m’enfonce dans le camp adverse. Je dribble encore, je vais à droite, je passe le ballon à gauche. Et c’est l’ovation… Je suis devenu le chef de jeu de Saint-Étienne ! » Rachid m’a livré sa formule gagnante, qui fera florès parmi ses suiveurs : « Avec "l’équipe des fellagas", on venait de Monaco, Saint-Étienne, Lyon, Bordeaux, soit le meilleur des...

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