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Fan et supporter : quelle différence ? Abonnés
Publié le 14 avril 2022
Fan et supporter : quelle différence ?
Kovinu propose une réponse au débat brûlant sur la différence entre fan et supporter en appuyant  son argumentation sur un conte philosophique de Voltaire : Candide ou l'Optimisme (1759).

À la question de différencier le fan du supporter, me sont apparus trois personnages enfouis dans quelques souvenirs égarés de mes années lycée. Pangloss, Martin et Candide ont ainsi débarqué de leur Westphalie voltairienne pour m’exposer des personnifications tenaces aux différents profils d’admirateurs du Paris Saint-Germain.

Les plus latinistes reconnaîtront dans le fanatisme l’association du culte, avec fanum, le temple, et la désinence péjorative qui caractérise l’excès dans sa pratique. C’est la vision panglossienne, le plus grand professeur de métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie. Voltaire utilisait des termes bien plus osés que les journalistes et chroniqueurs pour témoigner de l’irrationalité comportementale autour d’une aura. « Messi et Neymar sont pour le mieux dans le meilleur des clubs », pourrait-on paraphraser. Fervents pourfendeurs de l’optimisme, les documentaires Netflix et la communication autour du club ont renforcé la conviction des fanatiques que Paris ne pouvait qu’écraser un Real vieillissant, tant la magie (pourtant tout autant vieillissante) de ses stars est suffisante, statistiques excessivement mélioratives à l’appui (ou alors avec un extrait vidéo de quelques secondes occultant la médiocrité générale d’une prestation). Tout est fait autour du club pour renforcer ce fanatisme : le recrutement, les compositions alignées, la stratégie marketing : les paillettes tombent dans leurs yeux. Le fanatique interprète tout événement comme un allié renforçant l’image qu’ils ont du club et des joueurs, insensibles à toute contre-argumentation.

En réponse à cet engouement démesuré et irrationnel, les journalistes paraissent comme des Martin. Pour crédibiliser l’objectivité de leur métier, un contre-pied permanent doit être fait au fanatisme, quitte à paraître manichéens ou pessimistes selon les lignes éditoriales, pour répondre aux argumentations fallacieuses. Quoi de mieux qu’une vision parfaitement opposée pour accoucher au juste milieu et parvenir à éclairer de l’esprit de Lumière d’une vision éclairée des performances du club ?

Entre les deux, Candide est le...

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