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Foutons la « moraline » hors de nos stades Abonnés
Publié le 26 avril 2021
Foutons la « moraline » hors de nos stades

OPINION. « La tolérance ? Il y a des maisons pour ça » disait Paul Claudel. En faudrait-il aussi pour les concepts de justice et de morale, qui n'ont rien à faire sur un terrain de football ?

Fabrice Rousseau (40 ans), banquier nantais, auditeur acharné de l’after depuis 2013 et abonné à la revue de l'After Foot.


Je ne sais pas vous mais moi, rien ne m’irrite plus que les commentaires triomphants d’après match du genre:

« Ce soir, c’est la victoire du foot! », « Le beau jeu a gagné! », « Y a une justice »

Récemment, un consultant Tv s’est même fendu, à la mi-temps du dernier derby mancunien, d’un péremptoire « City contre United, le bien contre le mal... » ! Dingue ! Ouf ! on a échappé aux gentils contre les méchants mais la bombe est lâchée, discrètement mais officiellement.

Au moins lui ne s’en cache plus, car OUI la moralisation de notre sport est en marche ! « Morale : nom féminin, science du bien et du mal ; théorie de l'action humaine soumise au devoir et ayant pour but le bien. Ensemble de règles de conduite considérées comme bonnes.» Voilà pour la définition Wikipedia!

Mais comment peut-on décemment se placer sur ce terrain dans un sport gorgé d’incertitudes, de méformes, d’erreurs, de maladresses, d’exploits, de transcendance, de performances, de "sur-performances", d’injustices!

Qu’est-ce que le bien ? Qu’est-ce que le mal ?

Les philosophes du foot proposent souvent avec condescendance une catégorisation basée principalement sur l’esthétique, la « spectacularité », l’intellectualisation. Bielsa, Guardiola, Gasperini, De Zerbi, Nagelsmann, Klopp…. colonne de gauche, Mourinho, Deschamps, Simeone, Solsjkaer colonne de droite... à gauche le bien, le beau, à droite le mal, le vilain. On oppose naïvement les nobles idées au coaching passif, au« sous-coaching » comme on peut le lire parfois ! Jamais loin du snobisme, toujours très proche de la caricature. Il faut trouver une morale à l’histoire, lui donner un sens, évident, incontestable.

On le sait, nous vivons le règne de la bien-pensance, sur les réseaux sociaux, les communautés s’affrontent. On use même du "tout statistique" pour attribuer les...

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