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Allemagne, le casse-tête des identités multiples Abonnés
Allemagne, le casse-tête des identités multiples

Le foot, représentation d’une société multiculturelle apaisée ? En 2018, l’affaire Özil a révélé que ce fantasme était trop beau pour être vrai. Quelles leçons en tirer ?

On y est habitué : la Nationalmannschaft est un mix de joueurs aux ascendants très divers. Le phénomène est pourtant plus récent qu’on ne le croit.

Lors de la Coupe du monde 2006, les médias français, tout occupés à réviser leurs idées reçues sur un peuple qu’ils pensent psychorigide, discipliné, sans chaleur ni humour, ne mentionnent guère la présence des joueurs allemands de couleur, encore peu nombreux il est vrai. Tout au plus font-ils référence aux origines polonaises de Miroslav Klose, dont le papa est passé par Auxerre.



En 2010, c’est l’emballement. La presse dissèque les arbres généalogiques de la génération Özil, Khedira ou Boateng. On s’étonne de l’« Inter-Nationalmannschaft » (L’Équipe) ou des « United Colors of Germany » (France Football). Les clichés filent au placard.

En 2014, pour la consécration de cette même génération au Brésil, c’est devenu normal. En apparence, l’équipe est drôlement soudée, fière de brandir les couleurs d’un pays d’immigration qui s’assume enfin. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

L’ex-magicien d’Öz(il)

En mai 2018, patatras, survient « l’affaire de la photo », la rencontre à Londres du président turc Recep Tayyip Erdogan et de trois joueurs d’origine turque de Premier League, rendez-vous initié par l’agent de Mesut Özil et d’Ilkay Gündogan et dûment relayé par les médias. Le château de cartes de l’harmonie multiculturelle s’effondre.

Cette affaire mérite qu’on s’y attarde, car elle est révélatrice d’un non-dit en Europe occidentale. Son point d’orgue est la lettre de démission au vitriol publiée, en anglais et sur Facebook, par Mesut Özil en juillet 2018. Motif principal de son retrait de la sélection allemande, y explique-t-il, « le racisme et le manque de respect ».

Sa lettre fait l’effet d’une bombe. Le rendez-vous avec Erdogan, pendant lequel les joueurs ont remis « à notre...

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