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Religion
Barça, joue, prie, aime Abonnés
Barça, joue, prie, aime

La religion tient une place prépondérante dans l'histoire du Barça, mais la désacralisation est en marche à un moment où, paradoxalement, le club devient sa propre religion. Voyage dans cette cathédrale du football dont un Messi et un pape ont foulé la pelouse.


Depuis sa création jusqu'à aujourd'hui, le Barça affiche la couleur : sur son blason figure fièrement la croix de Sant Jordi, le saint patron de la Catalogne. Pourtant, lorsqu'il en prend la présidence, en 2003, Joan Laporta entreprend de laïciser le club, ouvrant une ère nouvelle. Fini les offrandes de trophées à la Vierge de la Mercè, la patronne de la ville. Ajournée sine die la traditionnelle messe de début de saison dans la petite chapelle du Camp Nou, tant prisée par les visiteurs. Que reste-t-il aujourd'hui de la religion au Barça, à part les prières d'avant-match et les célébrations de but ostentatoires de certains joueurs ?

Catholiques contre protestants

« Hans Gamper cherche personnes intéressées pour pratiquer un nouveau sport venu du Royaume-Uni » : c'est par cette petite annonce dans la presse que naît le Barça. Gamper est suisse et protestant pratiquant. Il entreprend ainsi de fonder en plein pays catholique ce qui deviendra la plus grande institution sportive de tous les temps. Non sans remous. À peine trois ans plus tard, la religion a déjà tracé une frontière entre deux camps dans le vestiaire blaugrana : d'un côté les catholiques espagnols, emmenés par Lluís D'Ossó ; de l'autre les protestants étrangers. Les premiers revendiquent une pureté religieuse qui exclut de fait les seconds. Problème : ce sont les meilleurs, et de loin.

Joan Gamper (1896).
Joan Gamper (1896).

Selon l'historien Agustí Rodes, spécialiste de Gamper, le protestantisme est consubstantiel à la création du Barça, mais la guerre des religions en son sein le menace dès ses débuts. La thèse est invérifiable et contestée – Agustí Rodes est protestant. « Je ne pense pas que cet aspect ait eu tant d'importance, tempère ainsi Carles Santacana, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Barcelone. Si ça avait été le cas, le club aurait...

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