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Faut-il mettre le Doha dans l’engrenage ? Abonnés
Faut-il mettre le Doha dans l’engrenage ?

Ancien président des clubs de Lille et Lens et fin connaisseur des opérations de rachat de club, Luc Dayan a collaboré avec les décideurs qataris. Nous lui avons demandé s’il fallait boycotter la prochaine Coupe du monde. Il a répondu par ce témoignage.


Je connais bien le Qatar, pour y avoir travaillé entre 2003 et 2005. Contacté par l’ambassadeur de France en poste à l’époque, je lui avais remis un dossier de présentation de mes activités dans le domaine du sport. Quelques jours après avoir rencontré une première fois Cheikh Jassim, le frère aîné de l’émir actuel, en Italie, j’ai été invité à me rendre à Doha.

J’ai découvert la capitale de ce petit pays et surtout son projet de développement, que m’a exposé mon interlocuteur dans son bureau, dans le bâtiment du Comité olympique du Qatar, un immeuble d’une quinzaine d’étages, qui était alors l’un des plus hauts de la ville.

« Nous avons une vision claire de ce que sera notre pays »

Tandis que je l’interrogeais sur la cohérence du projet, en regard de la population et surtout des moyens à engager, il me dit : « Luc, oubliez la notion de retour sur investissement. Nous avons la chance que l’argent ne soit plus un problème et nous voulons l’utiliser pour construire notre pays. C’est ce qu’ont fait, par exemple, les pays européens, où l’on ne s’est pas posé la question des moyens quand il s’est agi de construire Paris ou Londres, certes en d’autres temps. Et nous, nous avons le temps et une vision claire de ce que sera notre pays d’ici quelques années. »

Bien entendu, nous avons parlé sport, football, stades et clubs. J’ai découvert Aspire, la désormais fameuse académie du sport, qui était encore en gestation, ainsi que le projet de nouveau stade (climatisé, déjà…) du club phare du pays, Al-Sadd. Je dois avouer que j’ai été immédiatement séduit par le volontarisme et la tranquillité de celui qui avait impulsé cette politique.

En parallèle, il ne m’avait pas échappé que la présence d’une grande base militaire...

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