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La cité ne va pas au stade Abonnés
La cité ne va pas au stade

De plus en plus, les jeunes des quartiers soutiennent les grosses écuries européennes au détriment des clubs hexagonaux – plus encore lorsqu’un joueur français qui leur ressemble fait partie de l’effectif. L’identification ethno-sociale est-elle plus forte que l’attachement local ?


Tu peux changer de femme ou de religion, mais pas d’équipe de football. » Entendue dans Looking for Eric, le film de Ken Loach, cette phrase illustre parfaitement la ferveur anglaise. L’adage pourrait s’appliquer à tout le Royaume-Uni, mais aussi à tous les pays dont une partie de la population ne vit que pour le football, de Turin à Buenos Aires, en passant par Alger et Athènes. Vous pouvez vous y retrouver en territoire adverse avec le mauvais maillot en traversant simplement une rue. L’attachement au club y est une tradition. Ancien capitaine de la sélection anglaise, John Terry a raconté récemment comment son père l’avait couvert d’insultes depuis les tribunes lorsqu’il avait eu la mauvaise idée de marquer contre West Ham, le club de sa famille. La scène a été immortalisée par un photographe. Son oncle lui fait un doigt d’honneur.

Chez nous, une telle loyauté est loin d’être la norme, notamment dans les quartiers populaires, qui constituent aujourd’hui un vivier pour le football français. Il suffit de se balader un week-end sur les terrains d’Île-de-France pour constater que les maillots de Manchester City, du Barça ou de la Juventus y côtoient ceux du PSG. Impensable dans les grands pays de football européens. Au début des années 2000, à la manière de la NBA, le football européen a opéré sa mue capitaliste, à grand renfort de nouvelles technologies : stratégie marketing des grands clubs pour écouler un maximum de produits dérivés, explosion des retransmissions, opérations ciblées des équipementiers, à grande échelle. En la matière, les clubs de Ligue 1 font figure de parents pauvres. À Marseille, face à la volatilité des nouvelles générations venues des cités, des groupes de supporters ont instauré des zones antifootix : aucun autre maillot que celui de l’équipe phocéenne n’y est toléré.

L’OM est...

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