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Le cauchemar devenu réalité Abonnés
Le cauchemar devenu réalité

Il y a dix ans qu’on aurait dû s’opposer à cette fausse fête du football, à cette célébration de l’union entre le cynisme et l’argent. On a préféré s’en rendre complices. Heureusement, le football est plus grand que la Coupe du monde.


Dix ans. Il y a plus de dix ans que nous écrivons ou travaillons sur la Coupe du monde au Qatar. Presse écrite, télé, ONG, syndicats… Rarement un Mondial, sinon un événement sportif international, a été à ce point scruté, questionné, documenté et, bien sûr, critiqué. Quoi de plus normal, au regard de la place qu’occupe le sport dans le monde d’aujourd’hui ? Qui peut nier que, notamment, le ballon rond est un enjeu géopolitique, que son économie boursouflée l’apparente aux grandes multinationales, que l’attention et les passions qu’il suscite en font l’un des grands narrateurs de notre époque ? Contrairement à l’adage, le football n’est pas un reflet de la société. Il en est l’un des acteurs, d’une taille telle qu’il ne peut s’en cacher. Par ailleurs, il est, bien plus qu’un sport, industrie du spectacle, mastodonte financier, théâtre politique. Dans ses dimensions culturelle et sociale, il est pétri de contradictions douloureuses et violentes. La Coupe du monde au Qatar intervient à un moment où la situation est à son paroxysme. Elle donne un visage au football, un portrait à la Dorian Gray. Celui d’un cauchemar qui devient une terrible réalité.

Déconnectés et fiers de l’être

Dès lors, forcément, même nos yeux n’ont plus le courage de se lever au ciel en tombant sur cette déclaration surréaliste de Noël Le Graët : « Il aurait fallu en parler avant. Les querelles d’aujourd’hui sont un peu tardives. Lorsque la Coupe du monde a été attribuée, il y a plus de dix ans (en 2010), je n’ai pas vu beaucoup de manifestations. À l’inverse de beaucoup de personnes, je pense que la compétition va faire évoluer le Qatar. » Depuis, le président de la FFF a eu à gérer d’autres soucis, les révélations sur la gestion des abus sexuels au sein...

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