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L'histoire d'un jeu devenu produit Abonnés
L'histoire d'un jeu devenu produit

Selon Hannah Arendt, « La société de masse est essentiellement une société de consommateurs », où la notion de culture devient aléatoire, sinon illusoire. Le football a été ingéré par l’industrie du divertissement, puis recraché, transformé en outil de propagande et de domination. Voici comment le foot est devenu le bras armé d’un monde libéral et mondialisé.

Vous connaissez tous House of cards. Rien à voir avec le foot, a priori. Et pourtant, il y a un lien, évident.

En 2013, Netflix lance cette adaptation d’une série britannique du début des années 1990. Elle va rencontrer un succès planétaire. De l’original à la copie, les lieux sont différents, la couleur politique des acteurs principaux varie. Dans la seconde version, qui se déroule aux États-Unis, le parti démocrate, progressiste, est au pouvoir. Dans la première, au royaume de Maggie Thatcher, les « tories » conservateurs règnent sur le 10, Downing street. Dans les deux cas, en toile de fond, la série reflète la violence des politiques sociales. Les deux partis, théoriquement opposés, incarnent une seule et même pensée. Pour qui se souvient des propos de Tony Blair, leader du New Labour, la nouvelle gauche britannique, ce n’est pas une surprise . « Ce qui est social, c’est ce qui crée des emplois », disait-il. Une parfaite antienne « deuxième droite ». En France, il y eut Michel Rocard, en Allemagne, Gerhard Schröder.

PREMIERS CONTACTS

Le ballon rond a longtemps été méprisé par les classes dominantes, avant qu’elles ne lui reconnaissent une valeur. Phénomène classique : une fois qu’il était devenu populaire à l’échelle mondiale, elles se sont accaparé le football, devenu objet de prédation économique et héraut de l’industrie du divertissement. Deux principes ont alors guidé leur réflexion : assurer la sécurité de leurs investissements à leur seul profit et diffuser un horizon politique indépassable, celui de la démocratie libérale.

Zoom arrière. En 1930, la première Coupe du monde, remportée par l’Uruguay, est une compétition sur invitation, envoyée à 16 équipes, dont treize acceptent de participer. Parmi elles, la France. C’est un succès, que les chancelleries européennes vont s’efforcer de transformer en ferveur politique. L’opium des peuples...

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