Sport et football : l’Euro de toutes les contradictions

Au cœur de cet Euro 2020 si particulier, le football serait devenu politique. Comme si l’on y avait découvert subitement le caractère intrinsèquement politique du sport de haut niveau.

On peut certes concéder que la 16e édition de l’Euro, imaginée par Michel Platini et organisée dans 11 villes et 10 États différents, aura été particulièrement riche en revendications politiques. Mais croire que face à ce péril qui menacerait gravement son avenir, il conviendrait de revenir en urgence au traditionnel apolitisme du sport, garant des sacro-saintes valeurs sportives, est un leurre. Le football est politique par essence.

Trop souvent, et de manière trop simpliste, considéré comme un miroir de la société, le sport est une terre de paradoxes. Le football en est le parfait exemple. Toute revendication identitaire y est perçue avec défiance, alors même qu’il se nourrit de son attachement viscéral à l’idée de nation. Avec un maillot...

Carole Gomez
Carole Gomez

Carole Gomez est directrice de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), spécialisée en géopolitique du sport depuis 2013. Ses travaux de recherche portent sur la diplomatie sportive, les questions d’intégrité dans le sport et la réforme de la gouvernance sportive.

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