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Chine et foot : de pire empire

En 2015, en attirant des stars dans son championnat, la Chine devenait l’un des nouveaux acteurs forts du football. Depuis, la Grande Muraille du ballon rond se fissure, au point que ses principaux clubs sont menacés de disparition.


En 2017-2018, la Chinese Super League était considérée comme un championnat attractif et de qualité. Mais ensuite, les choses ont changé. On a demandé aux clubs d’aligner plus de jeunes joueurs sur le terrain. Certains n’étaient pas assez bons pour jouer, mais il fallait les faire participer aux matchs – même quelques minutes – parce que la ligue l’impose. »(1) Le constat de Fabio ­Cannavaro, qui a démissionné de son poste d’entraîneur du Guangzhou FC en septembre dernier, illustre bien la situation du football chinois. Alors que la Chine voulait devenir la nouvelle superpuissance du ballon rond, à coups de millions de yuans, elle fait aujourd’hui machine arrière. La folie dépensière des clubs, frappés de plein fouet par la crise économique liée au Covid-19, n’a pas permis à l’équipe nationale de se bonifier ni d’exporter ses talents locaux dans les grands championnats étrangers. À titre d’exemple, en mai dernier, la Fédération de football chinoise a sélectionné pas moins de cinq joueurs naturalisés pour tenter d’éviter l’élimination lors des qualifications pour la prochaine Coupe du monde au Qatar.

Il faut dire que la deuxième puissance mondiale est encore loin de jouer les premiers rôles dans le sport le plus populaire au monde : 75e nation au classement FIFA, entre la Macédoine du Nord et la Guinée. Pourtant, depuis quelques années, le régime du président Xi Jinping tente tant bien que mal de mettre la Chine au football, pour en faire l’un des leaders mondiaux.

Le football chinois part de loin

Depuis son accession au pouvoir, en 2013, Xi Jinping veut accélérer la transformation footballistique du pays. L’État chinois y voit d’abord un moyen d’unifier la nation autour d’un grand projet sportif fédérateur, capable de faire briller le pays hors de ses frontières. C’est le « rêve chinois ». Un symbole fort,...

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Kévin Veyssière
Kévin Veyssière

Spécialiste de la géopolitique du sport, j’ai fondé en 2019 le média FC Geopolitics, qui compte aujourd’hui plus de 40 000 abonnés, et écrit le livre Football Club Geopolitics. Régulièrement invité dans L’After pour parler de Gilles Veissiere avec Jérôme Rothen.

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