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San Lorenzo lutte pour sa Terre Sainte Abonnés
San Lorenzo lutte pour sa Terre Sainte

Qu’est-ce qui réunit des corbeaux, le pape, Aragorn et Carrefour ? La lutte acharnée des supporters de San Lorenzo, qui consacrent leur vie et leur argent à récupérer leur identité perdue. Grâce à eux, le club argentin a enfin retrouvé son quartier historique, plus de quarante ans après en avoir été chassé par la dictature militaire. Un vrai miracle.

C’est le même rituel depuis des années. En milieu de matinée, il commande un café au lait, un croissant et s’installe à l’une des trois tables disposées sur le trottoir devant le bar San Lorenzo, un établissement emblématique du quartier populaire de Boedo, au sud de la capitale argentine. Le serveur sait parfaitement où il va s’asseoir. Face au numéro 1700 de l’avenue La Plata. Comme d’habitude. « L’histoire ne s’efface pas et ne se vend pas. Elle se sent ». Cette phrase l’interpelle à chaque fois. Elle est inscrite sur le rideau métallique à l’entrée du café. L’histoire, Marcelo Culotta ne la sent pas. Quand le quinquagénaire est là, il la voit.

Parce que même s’il a les yeux grands ouverts, l’animateur du programme de radio San Lorenzo Eterno assure distinguer devant lui un long mur bétonné couleur turquoise protégeant un géant de métal transpercé par les rayons du soleil qui s’immiscent à travers des tribunes boisées. Pas de doute, il parle du stade du Gasómetro, le « Wembley de Buenos Aires ». « Je l’aperçois et ça m’émeut », soutient-il. Avec son double mètre et son vieux survêtement, il a la dégaine d’un prof d’EPS, pas d’un fou échappé de l’asile. Pourtant, c’est un tout autre paysage qui s’offre au commun des mortels : un immense parking entourant un ancien hypermarché, transformé ces jours-ci en centre de vaccination géant.

Si la vision de Marcelo Culotta est troublée par un mélange de nostalgie et de réel, c’est parce qu’il a encore du mal à y croire. En face, en lieu et place du logo Carrefour, c’est l’inscription « Club Atlético San Lorenzo de Almagro » qui s’affiche désormais. Comme un drapeau planté là pour marquer un territoire. Il y a plus de quarante ans qu’ils attendaient cela, lui et...

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