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Emotion
Y a que l'émotion qui compte ! Abonnés
Y a que l'émotion qui compte !

On aura mis du temps, mais on a eu sa peau. Enfin, je crois. Qui considère encore aujourd’hui que seul le résultat compte ? A-t-on retrouvé l’inventeur de cette phrase imbécile, « On ne se souvient que des vainqueurs » ? Et l’autre, qui répète que « seule la victoire est belle », il vit encore ? Sérieusement, qui peut affirmer que le résultat est le maître étalon du foot ? Nous vous offrons huit minutes de lecture pour vous convaincre définitivement. Sinon, circulez, on n’est pas du même monde !


Je n’ai pas oublié les Verts de 1976, que j’ai découverts un an après. Les Verts étaient partout en photo, en poster. Dans ma télé, ils étaient gris. La télé couleur a tout changé. J’ai découvert que Casimir était orange et que les Verts étaient beaux. Le foot, c’était aussi une affaire de couleur. Je n’ai jamais oublié ce 2 mars 1977, soir de Saint-Étienne-Liverpool, en quart de finale de Coupe d’Europe. Ces couleurs, les verts et les rouges. Deux semaines plus tard, c’était encore plus beau, plus fort et plus triste. Défaite et élimination. Mais le but de Bathenay reste. L’image de ses bras tendus et de sa joie mesurée servira longtemps à habiller des génériques d’émissions de foot. Ça construit une mémoire.

J’ai découvert les Verts dans la défaite et pourtant, personne ne les a effacés de mes souvenirs.

Je n’ai jamais oublié les « Oranges mécaniques » de 1978. Il paraît que quatre ans plus tôt, avec Cruyff, c’était encore mieux. Je n’en doute pas. Mais s’il a sa place dans mon bagage culturel, Cruyff n’est pas dans ma mémoire. Trop petit. Eux aussi ont perdu. Je me souviens autant d’eux que des vainqueurs argentins de cette finale pleine de papelitos au Monumental de Buenos Aires. Mario Kempes vaut Rob Rensenbrink. J’ai les deux en poster dans ma chambre.

Je n’ai jamais oublié Séville 1982. évidemment.

Pour les passionnés de foot français de ma génération, les premières émotions sont liées à des défaites. De quoi se construire une bonne mentalité de losers. Pour ne pas sombrer, il suffit de comprendre qu’on est toujours le loser de quelqu’un.

Dans mon autre pays, on passe plutôt pour des costauds. J’ai grandi dans l’idée qu’en Italie, le foot, c’est l’autre religion. Mais on m’a beaucoup raconté la finale perdue du...

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