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Ligue 1, fin de la rigolade ? Abonnés
Le 27 juin 2023
A marche forcée, le football français est en train de changer de nature. Le rachat de Strasbourg la semaine dernière par BlueCo donne une indication assez précise du monde qui vient. Attention à ne pas rater la marche en montant dans le train.
Ligue 1, fin de la rigolade ?

A partir de maintenant, les Strasbourgeois auront dans l’oreille ce 22 juin 2023 qui résonne comme une inquiétude. Rien à voir avec l’optimisme de leur président Marc Keller dans L’Equipe la semaine dernière « Notre modèle familial était à son maximum vu cet environnement. Il fallait réfléchir à une évolution pour aller un peu plus haut, tout en permettant au club de progresser sur son socle de valeurs. On entre dans une nouvelle page de notre histoire. ». Après  onze années consacrées à remonter le Racing aux côtés d’investisseurs locaux, la perspective de la revente (pour 7 fois la mise de départ) à BlueCo, fonds d’investissement propriétaire de Chelsea et qui n’a pas grand chose avoir avec la place Kleber, l’a rendu jovial. Tel est l’étrange destin de l’investisseur local et son paradoxe secret : il est le premier à contribuer à la disparition de sa propre culture.

Ce qui est arrivé à Strasbourg fonctionne comme une fable sur les transformations philosophiques, qu’à marche forcée, notre football est en train de vivre. Pour comprendre le bouleversement que constitue le rachat de petites PME familiales par des financiers internationaux, revenons à 2016. Dans un article de Politix, Manuel Schotté, évoquait la sociologie des présidents de clubs de football professionnels français. Apôtres de l’immobilisme dans un monde en mutation, héros de l’entreprenariat local, petits patrons au pays des grandes gueules, les présidents du football français étaient une tribu d’irréductibles « Alors que le ‘capital international’ semble aujourd’hui revêtir une importance de plus en plus grande dans la production des élites, le cas des présidents de clubs de football permet de mettre le doigt sur une fraction de la bourgeoisie économique qui échappe à cette tendance, en ce qu’elle a pour caractéristique de faire reposer sa mobilité sociale sur son immobilité géographique ...

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